Chicago – la belle aux buildings rutillants

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Dans la famille « je suis en retard et je m’assume », je poursuis le récit de mes voyages en décalé. Une bonne façon de prolonger mes vacances sans en perdre une goutte quand j’y suis. Écrire me demande du temps et du recul. Besoin que mes émotions et mon voyage sédimentent. Bonne façon de vous épargner les troupeaux de points d’exclamation ou de suspension.

Contrairement à mon habitude, je ne vous ferais pas de récit par le menu, ni chronologique de mon séjour, mais j’opte pour une synthèse thématique.

Chicago, ça fait longtemps que je veux y traîner mes guêtres. Déjà sur la bucket liste de ma vie précédente. Le blues, l’architecture, le lac, l’histoire de la communauté noire. Voyage facile, voisin, normalement réservé pour la vie avec enfants. Puis finalement, je brouille les cartes, voyage du printemps dernier car conjecture astrale favorable : peu de vacances (vu le temps consacré aux vignes), copine wheeling, rencontre d’un français expatrié lors d’une soirée de débauche qui y vit et veut bien jouer l’hôte.

Résultat: Chicago est la 1e ville américaine dans laquelle je me verrais vivre. Elle n’a pas la densité oppressante de New York, ni l’aspect Wasp de Boston. Elle a la nonchalance verte et cultivée montréalaise, un ‘tit coté hipster/bobo avec un soupçon de granol indéniable (à moins que ce soit moi qui trimbale mes lunettes). La promenade le long du lac, les plages, les eaux limpides me donne l’impression d’être au bord de la mer. Une presqu’ambiance Rochelaise, en plus sexy. La silhouette unique de sa skyline. Notion sans traduction courte en français.

Nous sommes parties quelques jours après mon retour des vignes (pour tromper le blues du retour). En duo. Un peu inquiète. Les voyages sont mes bulles annuelles de découvertes, de rencontres, de solitude, d’exploration égoïste. Certes, je rencontre en route. Mais nous sommes alors déjà sur la même trajectoire. 7 ans que je voyage seule, je crains de ne plus pouvoir partager ces parenthèses. Je tente avec Carole. Elle semble avoir le voyage voisin: l’intérêt similaire, le rythme proche. Nous aimons autant l’une que l’autre déambuler dans les rues, marcher à la journée longue, mitrailler dans tous les sens. C’est même devenue une façon de nous retrouver. Jouant la boussole, je suis en proue. Dès que je la sème, retour sur mes pas. Carole est là, photographiant l’endroit où elle m’a perdue de vue, attendant ma marche arrière. Me débattant avec mon nouvel appareil, je lui abandonne, la plupart du temps, la facette photographique. Nous avons tricotées l’organisation, nous nous sommes félicitées des bons plans, épaulées dans les envies, relayées dans les élans. Vraiment une belle escapade.

Nous avons été hébergées par Edouard. Jeune et charmant français, bon vivant, travaillant dans le domaine médical, si j’ai bien suivi, pour l’appareillage. Son appartement situé dans un quartier sympathique de Chicago, suffisamment excentré pour être tranquille mais à peine à quelques encablures du centre, bien ravitaillé par les bus et les métros. Edouard a eu la générosité de nous partager son superbe appartement avec terrasse sur le toit. Quel plaisir de souper au clair d’étoiles! Venteux certes, mais bien agréable après une longue journée de marche. Nous avons partagés nos expériences d’expat’, quelques bières, cocktails, assiettes et fous rires. Nous avons  aussi bénéficié de ses bons tuyaux. On espère le recroiser à Montréal et, à notre tour, lui faire découvrir quelques-unes de nos meilleures adresses.

Notre séjour s’est essentiellement consacré à la découverte de la ville et de ses buildings, le nez en l’air à guetter les imposts des plus vieux, les allures des récents, les prouesses des nouveaux, louvoyant entre les sculptures magistrales, relaxant dans les parcs. Alliant marche à pieds, métro aérien, promenade en bateau, divvy (équivalent du bixi montréalais ou du vélib’ parisien). Puis nous avons profité du lac, des manèges, des couchers de soleil.

Prendre le divvy fut un vrai plaisir. Nous découvrions le nez au vent, plus rapidement qu’à pieds, libre des horaires de bus. La balade le long du lac: un régal! Sensation de ce que pourrait être la Californie. Choisir la plage la moins fréquentée, le rocher le plus confortable pour jouer les lézards et contempler ces eaux bleues. Carole étant aussi nostalgique que moi du bord de mer, nous sommes restés accrochées là deux après-midi, hypnotisées par le ressac, ressourcées d’horizon bleu, réchauffées de soleil.

Je suis assez fière de m’être orientée aussi facilement dans la ville. Une organisation orthogonale, vous me direz, ça aide. Chevauchant nos divvy, je nous ai ramené à bon port. Notamment, grisées de blues, au petit matin, sous le chant des oiseaux, frissonnantes de fatigue et de la fraîcheur de l’aube. Nous avons passé la nuit dans un des mythiques bars de blues de la ville. Soirée où le groove, la guitare et les voix rocailleuses furent d’une chaleur rare, la salle était pleine, bon enfant, chantait et ondulait en rythme, les habitués se reconnaissant de loin. Les musiciens vinrent faire un brin de causette. Il semble que notre coté frenchie soit aisément repérable. Carole fit des émules! As usual! 😉

Le programme de départ prévoyait pas mal de visites de musées et notamment celui à proximité du ghetto, retraçant l’histoire de la communauté noire. Nous n’y avons finalement pas mis un pied. Profitant de la chaleur, du beau temps. Éléments dont Montréal nous privait, cette année-là, avec un été qui peinait à s’installer.

En revanche, j’ai pris une claque. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde faire la manche. De tout ordre, de tout âge, de toute condition, quelque soit le sexe. Une personne atteinte d’un cancer. Des personnes bien habillées, se présentant bien. Impression et hypothèses que ces personnes travaillent, mais ne gagnent pas suffisamment pour payer leur loyer, les médicaments, les traitements. Pour être allée visiter des pays pas mal moins bien nantis (cf. billets précédents: Sénégal, Burkina, Inde, Cuba), je ne m’attendais pas à voir, ici, autant de personnes sur le carreau. Et je ne suis pas allée dans le ghetto, peut être cela m’aurait-il frappé davantage encore.

Principal regret: j’aurais aimé faire de la danse contact improvisation à proximité du cloud. Une prise de contact préalable avec les associations locales eut été nécessaire. Le voyage fut trop court, mais l’envie est toujours là et j’y retournerais sans doute.

Somme toute une très belle découverte et une grosse envie d’y retourner!

 

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Retour à Trinidad : envol triste

Après cette nuit fraîche et chaotique, me revoici à Trinidad. J’ai beaucoup de plaisir à revenir dans un endroit que je connais ! Cette familiarité est aussi fort utile… car elle me rend imperméable aux attrapes touristes et petites arnaques de sortie de bus. J’hésite, retour à la même casa ou pas? Envie de retrouver la même chambre à part. J’y vais, donc. Raté, la chambre est prise, je me retrouve dans une honnête chambre au 3e étage, donnant sur le patio. Je me pose et prépare mon sac pour la plage. Je pars avec mon masque et mon tuba, je reprends le bus et redescends à playa Ancon. Mon objectif : profiter du petit catamaran pour aller plonger pour 10 cuc. On se rapproche certes de quelques roches et coraux, mais je suis déçue de leur taille et j’y resterai bien plus longtemps que les 20 min accordées. Je m’énerve davantage encore, je viens de casser l’attache de mon masque. Grincheuse, je m’endors au soleil et rate le bus. Je continue donc de me prélasser mais je cesse mes escapades sous marine faute de visibilité sous-marine.

Dans le bus suivant, je fais la connaissance d’un prof de salsa, qui me propose un cours. Allons-y, ce sera le dernier. Retour à la civilisation (douche et Internet), je vais à la rencontre de « mon » groupe de musique, celui avec lequel j’avais sympathisé. Ils me reconnaissent et sont bien contents de me revoir. Ramiro m’accompagne souper dans un ‘tit resto en monnaie locale.

Je m’en vais à mon cours de danse. Ramiro est très soupçonneux et n’a pas confiance dans ce prof de pacotille qu’il ne connait pas et qui vient de débarquer fraîchement ici. Je râle et lui explique que je suis grande, autonome et vaccinée et qu’il n’est pas mon père.

Le prof est sympa mais se la joue un peu trop. Mon cours particulier s’est transformé en petit cours de groupe avec un couple. Ça ne me gêne pas, au contraire. Me voici hissée au rang d’assistante… et ça se passe bien. Je suis assez fière. Le prof tente de m’impressionner en me surprenant de quelques passes non conventionnelles. Manque de pot, je les connais grâce au Forro!
Sortie de mon cours, Ramiro vient me retrouver. On part se promener sur le parque Cespedes.  Sur un banc, on parle longtemps. Je suis fatiguée et n’ai qu’une seule envie me blottir dans ses bras et m’y endormir, sa peau est toute douce, et oui je craque, Il est super gentil, son âge me rendent ses paroles sérieuses et réalistes. Il me décrit une vie à deux, me promets de me faire des enfants. Je n’ai rien demandé. Un homme qui veut m’en faire, qui me le propose, pour qui s’est naturel. Je fonds, j’en pleure. Comment faire pour ce soir, il faut que je demande à la propriétaire. Je ne me sens pas super à l’aise. Mais bon, on ne va pas dormir dans le parc. Elle accepte mais donne un avertissement très clair. Si quoi que ce soit se passe mal ou disparaît, elle appelle la police… Elle le connait, c’est un enfant de la ville, elle sait qui il est et peut le retrouver aisément. Ambiance. Mais la nuit est belle et toute douce. Et j’y ai cru. Ramiro quitte au petit matin tel que demandé par la maîtresse des lieux, avant le réveil des autres clients.
Jeudi 11 juin
Au petit déjeuner, la serveuse me regarde d’un drôle d’air. Je deviens vraiment suspicieuse. Tout le personnel est au courant. J’imagine que pour elle, c’est injuste. Les hommes cherchant tous à sortir aux dépends des femmes ou des épouses. Comme en Afrique, les occidentales seules en vacances sont des dangers, libres comme l’air, de véritables aimants pour ceux à la recherche d’un avenir meilleur. Je prépare mon sac et sors faire les dernières courses, les derniers cadeaux. À mon retour, mon sac a été ouvert.
J’arrive trop tôt à la gare. J’attends Ramiro, il m’emmène à la casa de ses parents jusqu’à l’heure de mon départ. Je leur donne les médicaments qu’il me reste. De retour à la gare, au milieu de la foule, on se dit au revoir.
Six heures plus tard, me voici à Varadero. Territoire connu aussi, moins plaisant, ça sent le départ. Je marche jusqu’à la casa réservée, y dépose mon balluchon. Je repars manger de succulentes crevettes à l’ail à la casa de miel. Je retourne à ma casa où je m’écroule comme une masse.
Vendredi 12 juin
Réveil difficile, j’avale le petit déjeuner, je suis en retard pour le bus, je marche un peu puis me décide à prendre un taxi. C’en est pas un vrai, il tombe en panne à 2 pas de la station. Je saute dans un autre avec rabatteur, il m’amène à l’aéroport. Je m’achète du rhum. Et clôs le voyage.

Adieu Santiago

lendemain de notre inoubliable promenade: nous sommes le lundi 8 juin. Mon voyage tire à sa fin. Elodie est patraque. Sans doute un coup de chaud hier – elle ne s’est pas baignée, ni rafraîchie. Je la laisse se reposer et pars acheter des menues courses et cadeaux pour ma famille.  Moment des achats des fameux colliers de graines pleines de vers. De retour à la casa à la mi journée.  Ma coturne est sur pied, prête à en découdre avec notre dernière nuit à Santiago. Nous partons le lendemain pour Bayamo.
Avant notre souper, nous entendons la fanfare. Gloria nous pousse dehors pour aller la voir. Comme à Cienfuegos. La fanfare de quartier répète pour le concours. La répétition de jour est bonne enfant, moins tendue que celle de Cienfuegos. Les joueurs sont de tous les âges, suivis des enfants du quartier, observés des plus vieux sur les pas de porte. Chacun encourageant, chantant, applaudissant ou esquissant quelques pas de danse.
Après souper, en route pour un concert dans un espace communautaire. On offre moult concerts et cours de danse dans cette jolie bâtisse. Les musiciens sont d’authentiques cubain : la mèche hirsute, la moustache grisonnante, l’oeil rieur. Ils nous semblent être des passionnés de musique sortis de l’usine ou des champs. La bonne humeur, tout comme l’énergie, est palpable. Le mojito coule à flot. Hop! Élodie se fait embarquer par les musiciens et moi par un jeune et charmant Cubain version hipster (si si si, ça existe là-bas aussi). Encore un danseur émérite, un vrai bonheur! Jusqu’à ce qu’il commence à me sortir la sérénade habituelle. Sortie express : Élodie n’en peut plus des musiciens qui ne la lâchent plus, « mon » Cubain s’enfuit aussi, confronté par mes réponses plus candides du tout.
Direction parque Cespedes. C’est soir de fête nationale (ne me demandez plus laquelle). Ce qui signifie musique live, cubains de sortie. La place est animée. On y retrouve ceux qui paressent la journée sur la place, notamment Yoandri et Alexis (rencontrés en début de séjour). La police est là, elle veille, à bonne distance.
Et hop! Rebelote. Je me retrouve inviter à danser, cette fois-ci sur la place. Quel plaisir de danser en plein air! Une fois encore, je n’en reviens pas. Le fait de danser dans les espaces publics, quotidiens m’émerveillent: je me sens envahie d’un profond sentiment de liberté et je succombe à cette incroyable poésie. Les garçons nous invitent à aller danser dans une boîte, puis une autre. Dans les deux l’ambiance est glauque, baignée d’une pop latine grésillante. Finalement, retour au Parque Cespedes. Nous discutons en petits groupes et buvons du rhum brun de contrebande dans une bouteille en plastique. Ce rhum est la part de vente des travailleurs: ils ont droit à un pourcentage de la production. Ils en font ce qu’ils veulent. La plupart la revendent. Alexis tente une approche. Je suis un mur. Je poursuis notre conversation mais je reste sourde à ses avances. Il se vexe. Il s’en va discuter avec Élodie. Yoandri qui se la gardait n’apprécie guère ce changement. De dépit, il nous plante là. La place se vide, il est 2h00, les bars ferment, la police se rapproche.
Mes sens m’envahissent et je me laisse porter. Je suis grisée de rhum, extraordinairement lucide et pas l’ombre d’un mal au cœur ou d’une nausée (ce qui est remarquable pour ceux qui me connaissent). Je vais me coucher, bien heureuse de ne pas avoir joué ce jeu-là ce soir et d’avoir découvert un alcool hépatiquement compatible! Je laisse les clés à Élodie qui a encore la pêche et me rejoindra plus tard.
Le lendemain, à table autour d’un petit déjeuné tardif, nous interrogeons Gloria sur la dynamique touristique sexuelle. Elle nous explique les soirées, les dragues masculines. Tout le monde cherche à sortir de l’île: tous les moyens sont bons. Même marié, nombreux sont ceux qui n’hésitent pas à planter là femme et enfants au profit d’une touriste plus amoureuse que les autres. Ne nous trompons pas, la plupart des exilés ne verserons pas une cent à celles ou ceux  laissé.e.s sur le carreau. Ce phénomène frappent surtout les plus jeunes (femmes comme hommes). Ces derniers voient connaissent films, culture américaine et rêves qui vont avec; ils voient les devantures de magasin de luxes, ne veulent plus entendre parler d’efforts, de révolution, de partage, de communisme (encore moins depuis qu’il y a une ouverture: ils trépignent). Ils veulent tout et tout de suite. Nombreux sont ceux qui ont fait des études, mais ne travaillent pas là où ils voudraient, veulent sortir de cette étreinte étatique permanente. Et pour cela, nous les femmes plus âgées (et oui, j’en fais partie maintenant) sommes un met de choix. Ce qui explique que je suis plus courtisée qu’Elodie. Nous avons une image de femmes posées, sûres de nous, établies financièrement et moins demandeuses au niveau libido (alors ça par contre, on pourrait s’en reparler … ;-). La drague est d’autant plus intense qu’ils savent avoir peu de temps, un vrai coup de poker, donc rien ne les arrête.
Ce qui sidère notre propriétaire, c’est que nous occidentales puissions y succomber et laisser tomber les barrières élémentaires de bon sens et de sécurité. Il faut dire que le mythe du prince charmant a la peau dure et vu le romantisme assumé des latinos, il y a de quoi laissé pantoises des bataillons de cyniques en jupon! Mais la police est là, et gare à ceux qui font des choses répréhensibles. La moindre plainte portée par une touriste se paye très cher.  Sans oublier la délation dans les quartiers avec les comités communistes. Les cubains savent donc resserrer leur prise, se pâmer d’amour, feindre le dépérissement intense à la moindre séparation ou absence de l’être choisi. Elle nous demande : un homme qui vous fait la cours intensément le 1er soir dans vos pays respectifs, vous faites quoi? Vous craquez immédiatement? Là, nos réponses différent.
J’avoue apprécier d’être de nouveau regardée, vue et charmée. Alors que cela horripile Elodie. Au Québec, on ne fait plus la cours depuis longtemps, ce sont les femmes qui mènent le bal. Et justement vu ma tranche d’âge, je suis relativement transparente (excepté quand j’ai le crâne rasé). Ceux qui s’essaient encore, sont les caribéens justement, les maghrébins, les africains, les latinos. Mais les blancs et occidentaux ont disparus du round. Quelques français s’essaient encore, souvent parce qu’ils ne sont pas encore intégrés, plusieurs aiment beaucoup le mode de fonctionnement québécois et s’adaptent très bien à ce changement et nous trouvent par la suite trop compliquées ou demandantes. Trop veille europe. Quoi qu’il en soit, lorsque les seuls pratiquants sur le ring s’essaient, ils ne sont souvent pas crus, tassés, évincés, ou simplement testés sur plus longue échéance à moins que ce soit un one night stand, bien entendu. Élodie se range du même avis, même si les sollicitations sont pas mal plus fines, variées dans notre bonne vieille France. Gloria clôt ce chapitre en nous apprenant que le bus pour Bayamo ne partira qu’à la fin de la journée 16 h au lieu de 13h.
Ça change pas mal la donne. Je choisis de poursuivre mon voyage vers Trinidad après une poignée d’heures dans Bayamo. Nous finalisons nos derniers achats, avalons une pizza. On y retrouve notre violoniste de la veille. Elodie sourit, mais se fait discrète. Retour à la maison plus tardif que prévu, je n’aurais pas le temps d’aller voir la fabrique de tabac, tant pis pour moi. Une autre fois peut être.
Une fois dans le bus, Élodie s’endort, je prépare la balade pour Bayamo. Là notre hôte nous accueille à la sortie du bus (même technique de réservation). Nous changeons complètement de standing. Propritaire d’une voiture, il est venu nous chercher. La maison est grande, cossue, bien équipée, deux étages, terrasse intérieure et balancelle. Nous avons atterri dans une toute autre classe sociale. La nuit est plus chère mais c’est un appartement entier dont nous pourrions profiter. Ils sont déçus que je ne reste pas, Elodie ne se sent pas à l’aise du tout (elle déménagera le lendemain) Nous sortons nous promener avant mon retour vers Trinidad.

Bayamo est mignonne, avec de jolies maisons entretenues, des églises scintillantes, une verdoyante place centrale. Cette petite ville a le charme et le calme de l’absence de point de mire touristique. Nous soupons un hamburger tout sec dans un drôle de restaurant où l’on s’attend à ce qu’il nous mettent dehors, tout pressés qu’ils sont d’aller se coucher. Je  prend un touk touk pour me ramener à la gare de bus. Le moment de nous dire au revoir est arrivé. Nous débordons d’émotions. L’oeil humide, le coeur serré, on se souhaite le meilleur pour le reste du voyage et surtout de rester en contact. Nous avons vécu une très belle et longue semaine ensemble. J’embarque seule dans mon bus vers Trinidad. Je passe la nuit dans le bus, solidement brassée par la route, tenue éveillée par la fraîcheur d’une climatisation zélée et les nombreux arrêts.

El castillo del Moro – un vrai cubain

Le lendemain. Fortes des informations glanées la veille, nous partons à la recherche, à proximité du balcon de Vélasquez, d’un camion qui embarquerait des passagers pour aller jusqu’au Castillo del Moro. Toutes les voitures que nous arrêtons répondent par la négative à notre destination. Un cubain charitable nous explique et finalement nous accompagne à l’arrêt officiel, bien bien loin du balcon… En fait, c’est tout en bas de la rue corona. La seule indication de l’arrêt : une foule patiente. Là encore, quelques sourcils se lèvent, intrigués toujours : deux touristes voyagent avec eux. Cette fois, la remorque est une ancienne bétaillère rouge dotée d’une bâche jaune. Les bancs sont à peine plus large qu’une poutrelle. Nos voisins nous sourient et nous indique le bon arrêt: l’embranchement vers le castillo. Nous poursuivons la route à pied. Bien qu’il fasse chaud, le ciel est gris et la pluie se met à tomber. Habillée d’une petite robe de plage, je me sens… adaptée.
Un homme est descendu en même temps que nous. Discret, il s’enquière de notre destination et nous déconseille d’y aller seules. Elodie et moi lui répondons, souriantes et sûres de nous, que nous ne risquons pas grand chose. Nous poursuivons notre chemin. L’homme rentre chez lui. Mais le voici qui nous rattrape peu de temps après, avec un parapluie. Il ne nous demande rien mais nous annonce qu’il nous accompagne. Cela nous met mal à l’aise. Court conciliabule. On assume qu’il dit vrai et Elodie entame la bavette, je prends les photos. Edanis est super sympa, cordial, nous explique plein de choses (enfin surtout à Elodie).
Nous arrivons au fort. Il est superbe, bien conservé/restauré, impressionnant. Solide, il surplombe la baie de Santiago. Nous payons cher l’entrée. C’est gratuit pour Edanis. Ça me réconcilie quasiment avec le régime (a posteriori, je suis convaincue que ce dernier n’y est pour rien. C’est soit une directive de l’UNESCO soit une initiative fort sympathique, coup de pouce entre cubains). Nous visitons ensemble, les points de vue sont incroyables, les perspectives impressionnantes. Le fort avait pour but de protéger la baie des pirates, sa vocation évolue oscillant entre base militaire, prison, puis laissé à l’abandon, il est finalement restauré par l’unesco. Nous en ressortons enchantés, ma carte mémoire pleine.
Nous avons deux options: descente vers la plage et visite de l’île Granma,  ou retour à Santiago. On décide de poursuivre hors Santiago, par le petit chemin de traverse au grand dam des taxis et d’Edanis:  il est dangereux, glissant et peu praticable. Edanis nous accompagne encore… alors que nous allions lui dire au revoir. Notre pacte tacite se reconduit. Le sentier est un sentier de randonnée basique, avec des cailloux, des buissons, des passages sinueux mais pas escarpés. Nous croisons de grandes salles vides, creusées dans la falaise, blanche et vertes de mousse. Le petit chemin débouche sur la plage.
Le sable n’est pas fin mais composé de petit cailloux ronds, il fait chaud. Je ne calcule pas longtemps et pars me baigner, tandis qu’Elodie discute. Un groupe de militaire assis sur la falaise nous observe, les hommes sur la plage sont habillés et nous regarde. Qu’importe l’eau est belle, bonne, je me drape de ma serviette tout terrain, les abandonne là prendre mon quota d’eau de mer. L’eau est chaude, elle ne rafraîchit pas, mais me détend les guiboles. Lorsque je remonte vers la plage, Elodie parle avec un autre homme qui veut nous faire manger des langoustes dans son restaurant. Je lui propose de prendre le relai, qu’elle puisse se baigner. Elle refuse, trop mal à l’aise.
Nous poursuivons maintenant accompagnés d’un deuxième comparse bien plus énervant et insistant que notre Edanis. Nous marchons en direction du débarcadère où un petit bac fait le lien entre la baie et la petite île. En l’attendant, je me demande si je ne me rebaignerais pas genre rejoindre l’île à la nage: elle est vraiment tout proche, l’eau est belle… après la nappe de pétrole. Elodie hésite, elle aussi, les cubains nous le déconseille: de minuscules méduses fraient à cette période là. Et elles piquent. Dubitatives (on a quand même fait le coup du sentier escarpé), on scrute l’eau : ayé, on les voit et il y en a effectivement beaucoup. Abandon du projet.
La plupart des maisons de l’île Granma ont été détruites par un séisme. Les habitants sont des pêcheurs, les rues sont étroites, les maisons colorées, les habitants hauts en couleurs et en douleurs, les bougainvilliers débordent de partout. les enfants nous demandent sans cesse des crayons (parfois même des adultes). Notre 2e acolyte est en fait le fils d’un des restaurateurs de l’île, et nous voici coincés et attablés chez le paternel. Nous prenons une boisson car nous sommes parties un peu légère en flotte. Le père et le fils, ne perdant pas le nord, se relaient pour nous offrir leur langouste, reste à choisir la recette. La période est creuse, ils sont trop contents d’avoir attrapé deux touristes et un pilote égarés. Cette vente forcée confirme notre malaise. Après avoir pris le frais, notre trio bien homogène redécolle. On nous abandonne au pas de la porte du restau, nous nous retrouvons discrets et silencieux, soulagés.
Une fois hors de portée d’oreille et d’oeil, la parole se libère: cette expérience nous soude encore plus. Edanis est effaré comment certains cubains se comportent vis à vis des touristes. On a encore une bonne heure de marche devant nous, détendus et discutant de la dure vie cubaine et des dérives touristiques. La pénurie de crayon devient un signe de ralliement entre nous pour le reste de la journée.
Édanis nous offre le café. Nous entrons chez lui. Sur son terrain, il nous offre de quoi nous assoir: chaises rudimentaires et tabourets de bois. La maison est des plus modestes intérieur comme extérieur, simples murs fait de planches de bois ajourés, le sol est en terre battue, il y a peut être deux pièces. Nous n’osons pas rentrer. Les toilettes sont au fond du jardin. Il va là avec sa femme et son fils. Il nous explique qu’il ne voulait pas nous laisser aller là bas seules: un vol a été commis la semaine dernière sur cette même route. Il nous dit qu’il est content finalement d’avoir revisiter le fort, cela faisait bien longtemps. nous comprenons qu’il a consacré sa seule journée de repos à nous accompagner par simple bonne conscience, il refuse toute offre de compensation. Nous discutons un peu avec sa femme et son fils. Nous prenons des photos de la famille et lui promettons de lui envoyer la photo! Nous nous sentons très gênées de son choix mais sommes heureuses de cette vrai belle rencontre. Edanis nous raccompagne pour le prochain bus. Le soleil se couche, c’est un au revoir bien poignant. Nous restons silencieuses dans le bus de retour, la nuit est tombée. La journée fut longue et intense, nous allons nous coucher sans demander notre reste.

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Santiago, la plus belle et réelle

Les rues sont pavées, en pente. Avec les vieilles voitures, les maisons colorées et ses points de vue, Santiago ressemble à l’idée que je me fais de San Francisco. Nous habitons à deux rues de la place centrale, à quelques pas de plusieurs casa de la musica et autres bars dansant. Santiago est connue pour être féroce, intense dans ses dragueurs, sa musique, sa pauvreté, son patrimoine et sa culture. Nous nous arrêtons à la Casa de la Trova, une des places où les plus célèbres musiciens cubains sont passés. Nous assistons à un excellent concert de chansons traditionnelles cubaines (mais pas celles du buena vista social club), assis en rang d’oignons sur des chaises de bois, au dossier droit comme la justice. Rapidement, nous sommes invités à danser par deux cubains très gentils, polis et respectueux, différents. Vladimir est celui qui danse avec moi. Une brochette de Don Juan piétinent et s’impatientent dehors. Clairement des callientes (chauds lapins). Je suis à peine sortie que l’un d’entre eux m’attrape, et me fait danser dans la rue. Je ris et en profite! C’est tellement agréable de se faire inviter à danser sans préavis par un superbe danseur hors pair, au beau milieu de la rue, de la nuit sur de la salsa cubaine live. Certains chocs culturels se vivent bien mieux que d’autres tout de même. Je raye cet item de ma bucket liste mentale : apothéose surréaliste romantico-sexy sur une excellente musique au bras d’un éphèbe gominé done. Je remercie sincèrement et simplement et je m’éclipse. Il est minuit. Nous sommes sur le point de retourner à l’état de citrouille.

Le lendemain, nous partons découvrir la ville. Il fait très chaud. Le Musée de la lutte clandestine, le quartier Tivoli, les points de vues sur la ville époustouflants au détour d’un escalier, les montagnes au loin, les fumées, le port et son malencon en travaux, ses alentours un peu raides, exsangues.Contrairement aux autres villes, dans ces rues, quelques femmes nous regardent de travers, demandent de l’argent pour être photographiées, la mendicité est là, quelques mômes ont les fonds de culotte troués et nous réclame n’importe quoi; quelques regards sont droits, francs, durs, vindicatifs. Élodie est en colère, elle se révolte contre l’état du pays, la pauvreté, ce communisme qui affame ces citoyens. Elle s’était promis de ne pas aller dans un tel pays. Nous retournons vers les quartiers centraux: la cathédrale, le parque Cespedes, la Maison Velasquez, quartier plus policé. On se restaure d’une salade de poulet. Nous cabotons dans les petites boutiques, artisanat offrant des peintures sur des morceaux de toiles, illustrations chatoyantes et naïves, bouquiniste vendant aussi de vieux vinyles et les affiches originales absolument superbes du carnaval de Santiago. J’ai failli craquer. On enchaîne sur le musée du rhum, plutôt bien fait, didactique avec force schémas et une dégustation/discussion aussi convaincante que sympathique.
Finalement, nous décidons de terminer la journée en allant à la station de bus principale se renseigner sur les horaires et les itinéraires pour quelques destinations qui nous tentent bien. En fait, il y a deux stations de bus: la locale et l’extérieure. Il y a du monde, des regards incrédules: ça bouge, crie et remue pas mal. Aucun panneau, horaire identifiable, il faut aller pêcher l’information auprès de plusieurs personnes, les réponses sont laconiques. Contrairement à Cienfuegos, ils n’ont clairement pas le goût de déroger à la règle. Le système n’est pas évident, on rentre penaudes par l’avenue Patricio Lumumba.   Je ne résiste pas à la micro glace italienne à la fraise chimique, qui a le mérite d’être rafraîchissante. Élodie fait ma culture politique : Lumumba est un homme politique de taille! Héros, figure clé de l’indépendance et 1er premier ministre du Congo belge.
On se pose a la casa. Douche et « reset » des jambes: popotin collé au mur, pieds vers le plafond, meilleur remède contre la fatigue, la chaleur, et pour être prête à danser toute la soirée. Gloria nous a cuisiné un repas végétarien. C’est parfait. Pour les touristes, restaurant ou casa ne lésinent pas sur l’apport de protéines, oeufs, jambon ou saucisses du matin, le poulet du midi et du soir, nous avons une rage de légumes, de fruits, de léger, quoi! Ce qui ravie aussi notre hôte, c’est moins cher et moins compliqué pour se ravitailler.
Et hop, nous voilà reparties direction Maison de la trova. Élodie accoste un beau cubain dans la rue : quitte à demander un renseignement autant que ce soit à quelqu’un qui te plait! Je suis estomaquée et morte de rire. Elle lui demande où est la Maison, si le concert y a bien lieu ce soir. Il s’appelle Lester. Bien entendu, il choisit de nous accompagner. Lester est effectivement beau, sympa, posé, discret, respectueux et c’est encore un bon danseur. Mais c’est moi qu’il trouve de son goût. Je suis embêtée, je tente au maximum de les rapprocher. Il comprend mon malaise mais cela ne change en rien son penchant. Il nous propose d’aller nous promener demain, je réponds mes précautions d’usage, la bande son est quasi préenregistrée. Nous sommes tous bien rôdés maintenant… Ce qui n’empêche aucun d’entre nous de profiter du concert, des mojitos, de danser, moi pieds nus, entouré de danseurs incroyables.

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Départ vers Santiago de Cuba

C’est l’aube, notre touk-touk a pédalé comme un forcené, nous déposant à la gare in extremis, en sueur, mais à l’heure. On se précipite à notre bus… notre horaire n’est pas bon… Il nous reste donc quelques heures à tuer. Nous allons visiter les alentours de la gare qui sont, somme toute, assez différents du centre de Camaguey. Petites maisons, grande barre impersonnelle, entrepôt d’état interdit de photographier, camion au repos. Élodie a acheté des biscuits sablés, des galettes de cacahuètes et de sucre de canne et moi une crème de léché. C’est bon, et on a faim. Je discute avec le chef de gare de bus: pourquoi ne pouvons-nous prendre le bus avec les autres cubains? Il rit puis redevient sérieux. La réponse est sans appel, lapidaire : vous avez davantage d’argent, donc vous devez payer plus.
La vie est divisé en deux systèmes parallèles. Complet et institutionnalisé. Limitation des échanges entre les cubains et les autres? Je ne crois pas. S’agit-il de récupérer tous les deniers possible ? Si c’est le cas, la question est : où vont-ils? Comment fonctionne cet état? Qu’est ce qui est du privé et qu’est-ce que récupère l’état ? Oû va tout l’argent du tourisme ? Seulement pour faire fonctionner l’état? Quid des infrastructures? de la nourriture?… Même pour les cubains, cette dernière est très chère comme les produits de première nécessité. Besoin de revoir mes bases en économies, en fonctionnement de régime totalitaire et communiste.
Nous voici à bord du bus. Le paysage est beau, verdoyant à souhait, relativement plat. Beaucoup de champs essaimés de vaches entre Camaguey et Las Tunas, aucun élevage intensif à première vue. La route est longue, propice à une ‘tite sieste. Il semble aussi y avoir des buffles d’eau comme en Thaïlande ou du moins ils leur ressemblent à s’y méprendre. Il y a un côté ranch dans cette région, les corrals s’enchaînent, beaucoup d’hommes à cheval, selles américaines, chaps, chapeaux de cowboy, éperons et santiags.
Les routes s’enfilent, toujours sans publicité, mais tout autant ponctuées de slogans:
Sans la culture, pas de liberté possible – Comment écrire l’histoire de la révolution cubaine sans écrire l’histoire de Gran Ma –  L’unique compromis de la révolution, c’est avec le peuple – L’embargo est un crime – La bataille économique, notre tâche principale. S’approcher de Santiago, c’est la route qui s’incurve, les pentes qui s’encôtent, les montagnes se dessinent, c’est Fidel et Raul qui prennent le pas sur le Che.

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Nous sommes les dernières à descendre du bus, tactique visant à laisser la cohue et les rabatteurs nous oublier au profit des premiers. Peine perdue! La finte est connue. Quelques uns se font passer pour taxi, alors que finalement c’est juste une sorte d’entremetteur. Nous paierons donc notre course au moins 2 cuc de plus. Le taxi ne sait pas qui il a embarqué: Elodie exprime sa colère et son ras la couette des entourloupettes. Il est penaud et ne sait plus trop où se mettre. On espère juste qu’il s’en souviendra. Nous arrivons à deux pas du centre ville dans une superbe petite casa, tenue par Gloria (vous la trouverez aussi sur airbnb Sra Gloria). Une hôte formidable. Femme seule, veuve, ses enfants sont aux Etats-Unis sans possibilité de revenir avant un bon bout, elle gère sa casa en toute sérénité et honnêteté. La maison est dotée d’un patio, la chambre et la salle de bain sont nickels, le quartier est tranquille et pourtant à quelques minutes de marche de la place centrale et de toutes les casa de la musica. Nous posons nos sacs et la colère, soupons puis repartons explorer Santiago.

Dernier jour sur Camaguey

Bien entendu, après cette virée nocture, on émerge tranquillement vers 11h00 et on se décide à aller voir le musée provincial d’Ignacio Agromonte. Ce musée est un omnimusée: on y trouve une aile sciences naturelles et un étage dédié aux beaux arts allant du milieu du siècle précédent à des artistes contemporains . Voici quelques noms des artistes que l’on peut y retrouver: Roberto Fabelo ; Agustin Guadalupe Bejanaro CaballeroEduardo AbelaLeopoldo Romanach Guillen. En dehors des toiles, quelques pièces de vies sont recrées, intactes. Tout y est : dentelles, vaisselles et meubles, trace d’une vie bourgeoisie de la fin du XIXe siècle.
En sortant, nous nous retrouvons nez à nez dans le couloir central du musée avec une opération de conservation. Ils chassent les hirondelles. Les oiseaux s’enfilent en rase motte dans le couloir, décrivant de courtes boucles, des piqués effrénés. Un employé, juché sur son échelle, attrape les nids et les confie à son acolyte qui les posent au sol et et isole les oisillons dans une boite en carton, sous la supervision du conservateur. Certains oisillons sont si petits, que leurs yeux sont recouverts de leurs paupières encore closes et les plumes engoncées dans leur gaine claire. Je m’accroupie, attendrie.  Je m’inquiète de leur avenir. Les employés sourient et me répondent qu’ils vont les nourrir et les donner à qui de droit pour s’en occuper… Bref, ils rassurent la touriste, mais je crains que ce soit le cadet de leur soucis. Certains sont tellement petits que je ne crois pas qu’ils puissent vivre très longtemps hors des plumes parentales. Inquiétude toute occidentale… Je me rassure en me disant que la mode est aux pigeonniers et autres volières sur les toits, alors peut être que…
Quelques courses en ville: ravitaillement en eau et de nos estomacs avec une excellente pizza aux oignons et fromages et une petite glace, connexion avec le monde extérieur, contact de la prochaine casa à Santiago. Nous revenons à la maison, Elodie discute avec notre hôte tandis que je joue à la pâte à modeler avec Carlos, son aîné (de 3 ans ?). Nous préparons notre départ, horaire de bus, rdv avec touk touk pour nous amener à la gare routière, bouclage des sacs. Demain, nous décollons à l’aube!

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