Etape 2 : Dakar (suite)

Pour la 1e semaine à Dakar, je me promène et visite : l’île de Gorée, le Musée Théodore Monod avec rencontre du conservateur adjoint, repas autour du plat national sénégalais, le Thiboudiène, sorte de ragout de poisson (Tiouf-Mérou blanc) au riz parfumé chez Flo (fille de Pierrette), prise de contact avec les amis d’amis, Cathédrale de Dakar, Marchés maliens, Sandaga et Kermel, galeries d’art, Village des artistes, arrivée des pêcheurs à Soumbédioune (les poissons suffoquent encore des ouies), soirée avec Youssou et Samba (amis de Michèle et de Marie Hélène), gare ferroviaire, hôtel de ville, ministères, assemblée nationale, chambre de commerce, monument de la renaissance aricaine (fait par des coréens, il a une allure trés marxiste, il manque plus que la faucille et le marteau).

Arrivée sur l’île de Gorée

maison sur la place principale de Gorée

Visite de l’une des plus anciennes églises du Sénégal avec notre adorable guide

j’ai l’impression que Gorée doit avoir le même air vieillot que Cuba

Très belle pièce du Musée Théodore Monod masque de femme

marché Kermel, là encore trace francaise

Ecolières en uniforme

Gare ferroviaire abandonnée et occupée dorénavant par le marché malien

Etale de poisson du marché Kermel

Saviez-vous que les rougets avaient une langue?

Etale de céréales, bissap et fruits du boabab dont on fait le jus de bouille (en blanc, à droite), très bon

statue de la renaissance africaine : plsuieurs milliars de CFA dépensé alors que les coupures d’électricité paralysent de nombreuses activités quotidiennes (ces coupures peuvent durer toute la journée)

en plein nettoyage et 10 euros l’entrée de la statue…

Somme toute, il est assez facile de se repérer dans Dakar et une fois que l’on sait gérer les sollications, la ville est sympathique, mais reste bruyante, polluée, agitée. Les habitants sont vraiment gentils, serviables et pas agressifs pour un sous. Je pense partir pour Saint Louis, mais le Magal a lieu ce week end. Le magal est un pélerinage musulman d’un grand marabout sénégalais pour la confrérie Mouride. La plupart des musulmans vont se recueillir sur sa tombe, à Touba, et passe le week end à prier. Florence me déconseille fortement de prendre la route, les tarifs ont explosés, les sorties de Dakar embouteillés et c’est la folie sur la route. Dakar se vide et devient paisible, mais je ne me vois pas rester en centre ville, j’aspire a un peu d’air frais. Florence me propose l’auberge d’un de ces amis, Oumar Seye, champion de surf sénégalais, une vraie star. S’il ne compétitionne plus aujourd’hui, il organise une compétition internationale depuis trois ans. Il a une auberge pour surfeurs à N’Gor, spot bien connu et quartier excentré de Dakar, village de pêcheurs Lébou, au bord de la mer.  Très impliqué dans sa communauté, il coache les jeunes surfeurs. Le village, beaucoup plus calme que Dakar, grouille d’enfants. Le réveil ne se fait plus au klaxon mais avec même l’appel à la prière quand ce n’est pas les chants qui rythment la susdite prière. Je reste donc 5 jours (prévus au départ qui s’allonge finalement d’une semaine) car je souhaite partir à Ziguinchor, en 1er lieu.
Cette semaine est celle du farniente: baignade dans une belle eau bleue, rencontre avec les villageois, journée avec les femmes de la famille d’Oumar qui habitent en dessous de chez nous, visite des Almadies, retour à Dakar pour rencontrer des artistes, cour improvisé de djembé. Côté compatriote, je rencontre mes coturnes : Ben, Léonide et Philippe. Ce couple vient s’installer à Dakar après 4 ans en Australie. Ils ont emménagés hier et je leur ai donné un coup de main. Ben vient photographier la compétition et mettre à jour le site d’Oumar.

maison de la famille d’OUmar à N’Gor

plage de N’gor le village et départ pour l’île de N’Gor

Lavage des moutons sur la plage de N’gor

Enfants de N’Gor

Poteau de soutien dans un chantier des almadies

Grue sur la plge des almadies à coté de N’gor

et sa copine

la pintade

Pélican en train d efaire sa toilette

Pirogues de pêcheurs sur la plage des almadies

Hervé, voisin d’Oumar, qui m ‘a pris sous son aile depuis mon arrivée à N’gor

N’gor semble en perpétuelle construction et les aigrettes blanches sont nos pigeons

Rue de mon auberge dans N’gor

Les enfants de N’Gor jouent soit au foot soit des percussions avec tout ce qui leur tombe sous la main

Démo puis cours impromptue de Djembé, ya du boulot caro et la concentration doit être à son maximum

L’île de N’Gor est criblée de citation intéressante sur les murs

Tante d’Oumar et cours de cuisine sénégalaise : le tiof

cuisson du poisson

épices



légumes pour la sauce



confection de la sauce



confection de la sauce avec oignons pilés



on enlève les petits graviers qui reste dans le riz, en fait plutot des brisures de riz qui viennent directement… d’Asie

Je vous présente Philippe, océonographe de son état, dans son nouvel appart et que c’est drôle d’entendre de l’accordéon au Sénégal, petite touche suréaliste dans l’histoire

Voici Ben, surfeur photographe et concepteur de planche et du site web d’Oumar

et la plus belle: Léonide moitié de Philippe et bout en train de l’équipe

Finalement je pars pour Saint Louis demain, car il n’y a plus de place pour Ziguinchor avant vendredi prochain. Ce soir, nous allons tous ensemble au concert de Youssou N’dour à l’institut culturel francais (je suis les conseils de ma prof de chant!!).

Je me fais gronder par les locaux car ils veulent que je quitte Dakar, le pays ne se résume pas à la ville, et je reste bien trop longtemps ici. Mais, il est vrai que je suis bien, les gens sont sympas et puis je prends mon temps, reprennant à mon escient le « tranquille », mot fétiche des Sénégalais. Je me sens tellement à l’aise que je joue au guide touristique avec Léonide en l’emmenant en bus visiter le quartier du plateau.

Voilà pour les nouvelles les plus récentes, comme vous voyez je suis comme un poisson dans l’eau. Je mettrais mes photos en ligne dans les jours à venir.

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Etape 2 : Sénégal







Coucou tous,
Voici la suite du voyage, enfin…. aprés deux semaines de séjours sur Dakar, que je connais presque comme ma poche puisque je le fais visiter (enfin restons modeste, c’est essentiellement le quartier du plateau).
Mais je reprends depuis le début.
J’ai quitté Paris lundi 17 janvier pour Dakar, l’avion nous a embarqués avec deux heures de retard.  Il ne s’agissait pas là des prémices du rythme africain, mais d’une grève impromptue des bagagistes de l’aéroport. Le voyage s’est bien passé, Air France offre des sièges relativement spacieux, un écran pour chaque passager et un plateau repas goutu. Bref, sans souci. Nous sommes arrivés à 23h30 sur Dakar. Bien entendu, j’ai pris la file de douanes la plus lente, en contrepartie mon sac à dos m’attendait sagement sur le tapis. Avant de sortir, les bagages repassent dans un détecteur. Il paraît que c’est pour éviter que des touristes se prennent pour des commerçants et ramènent de quoi revendre et payer leur voyage. Là, je sors dans la nuit noire et chaude de Dakar, la foule se presse le long des barrières de sécurité, les racolleurs sont nombreux. Je récupère sans mal Bernard et Hélyette après avoir été abordée par deux immenses blacks. Pierrette nous rejoint à la voiture et tout ce petit monde (sans les deux grands) m’emmènent dans le centre ville, à mon auberge, chez Vierra. Là, le dépaysement est total: une famille au grand complet dort sur le trottoir, il n’ y a que des hommes dehors et seuls les yeux brillent dans la nuit, aucun trait ne se distinguent vraiment, et là, pour la 1e fois de ma vie, je sens la couleur de ma peau, elle est devenu palpable, réelle, consciente, différente, et par là, presque génante. Le trottoir a des allures de zones de fret délaissé, des caisses de bois s’entassent, des tables ont été retournées, squelette apparent de la vie diurne. Demain matin, les marchands reviendront les remplir et les recouvrir de marchandises, abrités de parasols. Après un doute sur l’adresse exacte de l’auberge, je suis guidée par le veilleur à ma chambre, elle est immense. Je peux accueillir 4 autres personnes, tenir salon, regarder la télé et bronzer sur le balcon, la salle de bain et les toilettes sont communes. L’immeuble n’est pas de prime jeunesse, mais c’est propre, économique et pratique, central. Mes accompagnateurs me laissent, je me retrouve sur le balcon. Je réalise mon PROJET!!! Je suis dedans, c’est parti! Je m’endors entre les éclats de voix, les klaxons des taxis, et les moteurs de quelques camions.



ma chambre d’hôtel, j’aurais pu acceuillir du monde!


Mardi 18, je me lève à l’aube et observe le trottoir se redresser, se remplumer, et la circulation s’intensifier.


rue de mon balcon à Dakar

 

Je me décide à descendre. Rassurez-vous, je ne vous détaillerais pas les journées, mais ce qu’il faut retenir de cette 1e, c’est que j’ai passé la moitié de la journée dehors à faires des ronds concentriques autour de l’auberge pour comprendre et m’orienter dans la ville et l’autre moitié à l’abri dans l’hôtel à prendre le calme et à respirer.  Malgré mes cheveux courts, je reste une blanche seule, résultat : je me fait intercepter tous les 5 mètres. Certes, comme ils le disent, « ils sont collants comme des mouches mais ne piquent pas comme les moustiques », alors, ils ne sont pas méchants, ils veulent vendre, ils veulent te montrer pour le plaisir des yeux.


voici ma nouvelle tête

Mais je n’ai pas encore affuter mes réponses et me laisse emberlificoter comme une bleue, la chambre est mon SAS, je réfléchis et comprends mieux ce que je dois dire et ne pas dire. Bref, j’ai finalement fait le tour du plateau lors de la 1e journée mais je me sens exténuée. Dakar est sur une presqu’île et le quartier du Plateau en est la pointe extrême, centre des institutions et du Business, comme vous le verrez dans les prochaines photos. Le soir, je débriefe avec mon voisin, Thomas, un jeune nantais qui est arrivé en même temps que moi.


Jolie maison d’époque française




le soir sur Dakar, les milans noirs tournoient a l’affutt sans doute d’un dernier repas



Palais présidentiel

 ça me rassure, c’est un mec et il a eu exactement la même journée que moi, les mêmes entourloupes, les mêmes doutes. Le lendemain, nous irons visiter l’ïle de Gorée ensemble. Histoire de s’épauler dans cette prise de repères.

Etape 1 (fin) – Truffe, cochonnaille et jus de boudin

Le 7 janvier, je suis de retour dans le giron maternel, avec Jean Paul, le père de Benoît qui vient nous prêter main forte pour la confection des boudins. Le cochon sera tué samedi matin (le 8). Pour patienter, nous allons faire un tour à Jarnac, au marché aux truffes. Nous avions bien fait un essai avant Noël, mais nous avions joué les parisiens : arrivés à 12h30 pour un marché ouvert à 9h30… Les truffes ne nous ont pas attendues, et c’est nous qui nous retrouvions tout comme. Leçon apprise: on s’est pointé 10 minutes avant l’ouverture. Nous en avons acheté une chacun et avons discuté avec un des trois vendeurs présents. Je ne vous refais pas tout le topo, Wikipedia est là pour ça. Je sais maintenant reconnaître une bonne truffe, c’est comme le melon! Humer, elle doit être parfumée. Tâter, elle doit être ferme, mais souple. Il y a des petits trous? Les vers l’ont trouvé à leur goût: elles sont bien mûres. Elles sont très légères, alors même si le prix au kilo est exorbitant, on peut acheter une belle truffe pour 20 ou 30 euros. Une fois dans sa vie, ça vaut le coup! Je sais maintenant ce que goûte une truffe, et bien ça n’a rien à voir avec les plats que j’avais mangé à ce jour (boudins, pâtés, omelettes); le goût est assez difficile à décrire : du bois, de la mousse, un petit côté fumé, presque âpre mais le goût reste doux, subtil et complexe. Ma mère a fait un beurre de truffe (1/3 de truffe et 2/3 de beurre) mélangé à une purée maison, un vrai délice! Surtout ne pas lésiner sur le beurre dans la purée!

Pour le cochon, je vous laisse regarder les photos!

Cochon tué patiente jusqu’au lendemain pour être découpé, il faut que la viande se repose

Boyaux à rincer : vive les andouillettes!
Rinçage des boyaux

Boyaux en cours de déssalage, ils serviront d’enveloppe pour les boudins, les saucisses, les andouillettes.
Ingrédients pour les boudins: chair de la tête et sang de la bête

 Remplissage des boudins à 6 mains

Boudins en cours de cuisson. Le défi ne pas toucher les bords, ni le fond, ils éclateraient sinon.

88 boudins 

Le lendemain découpage de la bête
Hachage pour les rillons, pâtés et saucisses

Saucisse en cours de confection bien plus rapide avec la machine que la bouteille en plastique utilisée pour les boudins

Cette fois-ci, il ne pesait que 145kg et nous avons pu faire des andouillettes. Il y a deux ans, il faisait beaucoup trop froid pour rincer les boyaux dans la cour et la bestiole pesait 220kg. Résultat pour cette année: 5 jours de travail, 88 boudins (moitié nature, moitié châtaigne), 65 saucisses, 44 rillons, une vingtaine de pâtés, 2 gros fagots (charcuterie à base de foie de porc), 11 confits de côtes, 18 andouillettes (26 pour des mangeurs normaux), 1 jambon, 3 jarrets, des kg de rouelles, de lardons, de travers de porc, de côtes, de grillades, des fous rires à la tonne, une douche au bouillon de boudin (les gamelles sont tellement lourdes et mes bras si frêles…) et tellement d’autres choses inénarrables ici! Puis qu’est ce que c’était bon! Car bien sûr on a goûté tout ce que l’on a  fait et ma foi, on s’en sort pas mal. Mon seul regret : je ne peux rien ramener au Québec!

Par contre, pour le voyage : coup de grisou. Les deux otages français sont morts, a priori, tués par leurs ravisseurs, lorsque les armées nigériane et française ont tenté de les empêcher de franchir la frontière malienne. La machine médiatique s’emballe et moi avec. Je n’ai pas Internet, ni de téléphone fixe et difficilement le téléphone portable, les murs de la maison sont trop épais. J’occupe le jardin une bonne partie de la soirée et ruine les forfaits des parents. Je finis par accéder à des informations fiables par ma soeur et Benoit qui sont branchés: vérification des zones à éviter sur le site du Ministère des affaires étrangères, des modalités d’annulation, du contrat d’assurance voyage, de la situation sur place, des ambassades pour le changement de date de visa, de l’existence d’une ligne aérienne Dakar – Ouaga… Finalement, le Mali en entier est fortement déconseillé pour les ressortissant français. Certes, j’ai tagué mon sac à dos du drapeau québécois, mais je prends la décision d’évacuer le Mali dans mon itinéraire. Deux journées et soirées stressantes, quelques dispositions supplémentaires à prendre pour le voyage, mais je maintiens le cap. Et… je vous ai fait grâce du raz de marée de questions existentielles.

Donc me voici, la veille du départ, je décolle demain, mi anxieuse, mi excitée, je suis au pied de mon projet!!! Les prochains épisodes et photos seront africains!

Etape 1 (suite) – Escale à La Rochelle

Me voici à la veille du départ et plusieurs semaines ont filé, silencieuses. Je fais donc un petit rattrapage pour ceux que je n’ai pas eu depuis.
Auprès de mon père, qu’ il fait bon passer deux semaines à La Rochelle. Les repas de fêtes se sont succédés sans se ressembler. J’ai bossé un peu, repris contact avec quelques vieux cops de collège et de lycée. Autour de sushis, nous sommes retombés en adolescence (si toutefois nous l’avions quitté) rattrapant les épisodes, prenant des nouvelles des absents, des professeurs, riant de nos vieux – parfois honteux – souvenirs.

Marché
Nouveau mobilier urbain tout en un : poubelle, cendrier, stationnement pour vélo, distributeur de sac pour les chiens.

 Je me suis promenée dans les rues réaménagées, visité les galeries d’art. Les musées, je n’ai pas pris le temps bien que le Muséum d’histoire naturelle m’ait fait de l’oeil durant tout mon séjour. J’ai choisi de privilégier la famille et les cousins (que je n’avais pas vu depuis 7 ans), les repas autours des petites crevettes grises, bigorneaux, huîtres, poutargue et autres spécialités du coin. Bref, un bon séjour de farniente à me prélasser dans mes racines. Mais je commence à tourner un peu en rond, l’heure de départ approche : je rencontre les amis de mes parents qui ont vécu ou séjourné en Afrique et me font part de leur expérience, leur conseil et m’offrent leurs contacts qui pourront m’héberger, m’aider. D’ailleurs, je profite de ces quelques lignes pour remercier Astrid, Bernard et Héliette, Françoise, Michèle, Patrice pour les Français, Caroline, Catherine, Emmanuel, Marc Aurèle, Marie Hélène, Mireille pour les Québécois. J’espère ne pas en avoir oublier. Si c’est le cas, faites moi signe, je corrigerais! A chaque fois, j’ai le même plaisir à écouter, des fourmis plein les pieds ! J’aimerais déjà y être…
Les informations françaises annoncent une prise d’otage de deux jeunes français au Niger. Tiens, c’est pas loin du Mali ça… Je garde l’oreille aux aguets.
Mais avant le grand décollage, il y a le cochon à cuisiner. Retour à Angoulême, loin des téléphones et d’internet, dans le gras, la bidoche et les torchons! Je vous raconte tout ça dans le prochain billet, âme sensible? Abstenez-vous!