Intermède : arrivée et adaptation à Ouagadougou

Je suis arrivée à Ouagadougou, il y a maintenant un peu plus d’une semaine et quand je vois le retard que j’ai pris avec le blog, j’écris dès aujourd’hui pour ne pas oublier les sensations et les impressions tant qu’elle sont chaudes, puis pour vous mettre un peu plus au « goût du jour ».

Ouagadougou est une grande ville mais n’a pas l’importance, ni la densité de Dakar. Si on peut faire un comparatif, je dirais que Dakar correspond à Montréal, tandis que Ouagadougou s’apparente à Sherbrooke. La ville est nettement plus étendue et vaste, il y a  peu d’immeubles et aucune tour à bureau. Les rues sont larges, les bâtiments espacés, les taxis verts sont en bien meilleur état que les jaunes de Dakar. Cette ville, contrairement à Dakar, est dominée par le rouge:  briques, banco, sable. Plusieurs axes principaux de circulation se divisent en deux voies: une large pour les voitures et une autre plus étroite pour les deux roues. Je n’ai jamais vu autant de deux roues dans une ville … Peut être à Rome… Je dois trouver le moyen de prendre un photo de la circulation à 18h00 à un feu rouge, les voitures sont cernées de deux roues : vélos, motos, mobylettes. Nous ressemblons à des nuées, des escadrons de moustiques, eh oui j’en fais partie car Lina a une ch’tite moto et que je me promène derrière elle dès qu’elle n’est plus au boulot. Et j’en  profite pour redécouvrir les plaisirs de la moto: le cheveu au vent, l’œil larmoyant, le sable dans les dents (ça change des moucherons et autres moustiques ;o) et le nez frétillant. Ouaga sera donc pour moi une ville de sensations. Selon les quartiers traversés et l’heure, on y sent la fraicheur des jardins, le sucre des fleurs que je pense être du jasmin, l’âcreté de la fumée des décharges, les pots d’échappements et l’huile de moteur, la sécheresse de l’air du milieu de la journée, la verdure des potagers le long du barrage, l’eau croupie de la canalisation principale.
Les habitants sont bien moins insistants que dans le centre ville de Dakar, ils sont même plus distants, plus respectueux de l’espace vital. Excepté dans les zones artisanales, marchandes ou touristiques, peu de personnes vous approchent et vous parlent, ils sont un peu moins bavards que les Sénégalais, moins accrocheurs, plus doux, discrets, timides, j’ai du mal à trouver le mot approprié.  Dans le quartier, les enfants s’approchent de moi pour me serrer la main, les voisins de Lina me saluent d’un bonjour avant midi et d’un bonsoir dès 13h00. Mais les interactions en restent là. Excepté les épiciers du coin qui se moquent de moi : « Il fait chaud ! » J’ acquiesce en essuyant, mon front, mon cou… Je pourrais essorer mon t-shirt! La décence me l’interdit, j’ai une allure de serpillière souriante! En fait, tant que je suis en mouvement, la sueur s’évapore, rafraichit le corps mais dès que je m’arrête, que je m’abrite ou que je bois de l’eau fraiche, je me transforme en flaque, bref je dégouline!

Contrairement à Dakar, je m’initie doucement à Ouagadougou. J’ai beaucoup de mal à quitter le Sénégal. En 5 semaines, j’y ai pris mes habitudes, mes repères, mes contacts. Ici, je dois tout recommencer. Même si Lina est là, elle travaille la journée et je me débrouille comme une grande fille, bien entendu, elle m’a donné plein de tuyaux pour la ville, me déplacer, les prix en cours etc… Mais le Sénégal me manque terriblement : la fraicheur de la côte, mais surtout Léo, Phil, Oumar, Deffa, Fama, Soraya et son Lébou, la famille d’Astrid, Guillaume, les connaissances de droite et de gauche qui sont autant de petits cailloux semés qui jalonnent  mon parcours.

Je dois réapprendre la ville, le mode de communication, refaire mon trou… Une certaine lassitude me prend que la chaleur amplifie lors des premiers jours. Résultats : repos, piscine, découverte timide de la ville, planification et prévision budgétaire de ce que je veux faire ici dans une douce nostalgie sénégalaise. C’est au bout de quatre jours que j’investie la ville. La chaleur qui m’accablait la veille s’oublie vite, occupée à découvrir. Bien entendu, je me cache à l’ombre entre 12h00 et 14h00. La ville est tellement étendue qu’elle ne se parcourt pas aisément à pied, il faut pour se rendre d’un point à un autre utiliser soit le taxi, soit la moto. Donc je rencontre des guides improvisés : un guide du musée national qui veux que je relise son projet de festival contre la découverte du village artisanal et de la maison des femmes, un vendeur de souvenirs qui me promène pour 500 CFA autour du barrage, découverte de la cathédrale, centre national d’art… Là encore les hommes restent en avant et s’égayent dès qu’une toubab seule est en vue, les femmes, excepté quelques marchandes de fruits, restent discrètes mais nettement moins méfiantes que les sénégalaises… Le manque de tourisme sans doute.

Le babillage des sénégalais me manque, il est ma « référence africaine » , ce avec quoi j’ai du batailler lors de mes 1res journées sur le continent, je sais me débrouiller avec, y répondre et finalement j’apprécie ce jeu, cette compagnie éphémère où personne n’est dupe. Le silence et la discrétion burkinabé me gêne, me trouble, me fait ressentir la solitude de façon plus aigue, plus pesante. J’observe Lina et sa façon de gérer ses relations qui est tout autre que la mienne. Elle vit ici depuis deux ans, le travail, le quotidien, l’efficacité a pris le dessus sur la curiosité ébahie et nonchalante de la touriste que je suis. Directe, sans état d’âme, elle connait les ficelles, elle contrôle et dirige les choses. Elle m’ouvre un autre point de vue, une autre façon d’être en relation avec eux, plus réaliste, distante elle aussi, elle n’est plus naïve, si toutefois elle l’a été un jour. Lina m’accueille dans son immense maison, paisible, ventilée. Elle m’aide à prendre mes repères, me présente à ses amis et collègues, me promène, respecte mon rythme même si elle doit le trouver très lent…

 Le 8 mars c’était la journée internationale de la femme: ce jour est férié au Burkina pour les entreprises et le centre ville mais pas vraiment pour les petites boutiques de quartier. Nous avons été réveillées ce matin dès 8h00 par la musique à tue tête, lancée d’un ampli au coin de la rue, des rires et des éclats de voix… Le temps d’émerger et la musique s’est tue. Ce soir, elle a repris quelques instants avant la coupure d’éléctricité. Les femmes du quartier, habillées du pagne imprimé pour cette journée, se réunissaient autour de l’ampli. Elles apportaient des chaises et de quoi manger : elles dansaient. Ce joli bal improvisé a coupé court… Quelques chants et claquements de mains ont tenté de suppléer au manque de musique, mais lorsque nous sommes sorties de la maison, les femmes s’étaient dispersées.

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Sine Saloum suite et fin

Le taxi moto est rigolo, le voyage en pirogue superbe, la charrette extrêmement lente! Nous sommes à Bamboung à 15h30: Léo a gagnée bien que les termes du pari n’est pas été très clairs. Passons, on s’offrira mutuellement coca et bière pour le repas. Cette ile se trouve à quelques kilomètres de la Gambie au fin fond du Siné Saloum (sorte de delta ou estuaire inversé des fleuves Siné et… Saloum), et fait partie d’un projet d’aire protégée. En choisissant ce campement, on participe au financement de cette aire et du contrôle de la zone de pêche, de chasse et de cueillette (toutes ces activités sont strictement interdites sur un territoire de 700 hectares, si mon souvenir est exact), les bénéfices sont reversés à la communauté de commune de 54 villages aux alentours, les travailleurs de ce campement, excepté Charles (français), sont issus des villages susdits. Les cases sont construites en banco, en paille, les lits surmontés de moustiquaires s’appuient sur des sommiers de bambous. La salle de bain est en plein air, dissimulée derrière des pans de palmiers tressés. L’eau est puisée et placée dans un bidon plus haut que le pommeau de douche. La chasse d’eau est une calebasse à remplir au robinet. La douche est plus chaude le soir, le matin, les tourterelles perchées sur les cloisons roucoulent, attendant la fin des ablutions pour venir boire.  Je ne vous raconte pas le bonheur de prendre sa douche au beau milieu de la nature… Il n’y a pas d’électricité sur l’île, chaque case a son panneau solaire et offre ainsi quelques heures de lumière la nuit tombée.  Bref du vrai tourisme écolo, équitable comme on l’aime dans un véritable paradis. Sans oublier l’équipe du campement qui est adorable!
Le seul hic, si, si, je vous promets, il y en a un : c’est un peu cher pour mon budget… Mais bon nous y resterons qu’un week end et vraiment ca vaut le coup!

Pendant ce week end nous ferons les activités offertes par le campement accompagné d’un guide perso: Biram. C’est une perle, il est gentil, précis et drôle. Nous avons fait une randonnée dans la brousse à la recherche du phacochère. Biram nous montrait toutes sortes d’oiseaux, de végétaux, nous aidait à prendre les photos. Nous avons surpris le phacochère sur le chemin du retour, au crépuscule. Ce sanglier africain ne charge pas parait-il… Si vous voulez voir à quoi ca ressemble, louez le Roi Lion et vous découvrirez dans Pumba exactement la démarche de la bestiole. Le corps et les pattes sont assez fins, tandis que la tête est beaucoup plus massive. Il se tient cambré, le pas délicat et sautillant, la tête haute, on dirait un sanglier aristocratique.

Le lendemain, nous découvrons le sentier écologique les orteils dans la vase et le mollet au frais dans l‘eau, dans la mangrove, au milieu des huitres et des éponges, des crabes, des petits poissons, à la recherche des singes véverts, sous le joug des touristes anglophones bruyants.  Nous avons perdu l’exclusivité de notre guide: 6 autres coturnes souhaitaient faire la visite, des allemands, des anglais et des hollandais. Un autre guide a été appelé mais il n’est pas arrivé ce matin.  Expliquez-moi pourquoi les anglophones beuglent dès qu’ils sont en groupe non, non même pas! pourquoi beuglent-ils tout court???!!!… Je vous avoue que là, c’était vraiment limite pour l’observation des bestioles et de l’intégrité humaine!

Rôties à souhait, nous avons enchainé, après déjeuner, avec une baignade salutaire et une promenade à Sipo, le village de l’île où Biram nous a présenté la Reine, la femme la plus âgée du village que tout le monde respecte, salue et visite, sa femme (de Biram), fille de la reine et ses enfants. Et nous avons acheté du vin de palme fraichement récolté, en cours de fermentation, il mousse sans arret dans la bouteille de plastique percée, nous le boirons ce soir. Nous cherchons à acheter du miel de mangrove, mais le producteur est en rupture de stock. Après cette ballade, hop promenade en kayak avec Biram, je m’assois au milieu, Léo devant et Biram à l’arrière. Entre quelques coups de rames, je tente vainement d’assommer Léo qui se défend! Biram compte les points et ralentit notre progression. Nous voulons tellement tout voir depuis que nous sommes arrivés que l’on pagaie (ou assomme selon les points de vue) avec frénésie. Nous adoptons donc le rythme africain et laissons filer davantage l’embarcation, les oiseaux s’envolent moins à notre passage. Nous passons à coté de l’arbre de prédilection des pélicans, 4 y sont perchés. Les poissons sautent en banc à la surface de l’eau, Biram nous chante une chanson africaine. Je vous jure un vrai moment carte postale!

Autant vous dire que nous nous sommes attablées, affamées et épuisées. Pour fêter cela, nous avons gouté le vin de palme toujours entrain de mousser. Comme il était presque « neuf », il était très effervescent, un peu comme un cidre, légèrement sucré et acidulé, il a un arrière gout de bois et de verdure, un peu comme un bière d’épinette mais plus douce. Nous en avons offert à l’équipe du campement mais tous semblaient effrayés par les effets du vin. Même s’il n’était pas trop fermenté encore, donc pas très fort en alcool. J’ai appris plus tard que certains déconseillent fortement de le boire à ce stade car il fermente alors dans l’estomac, surtout si ce dernier est vide. Et les vapeurs seraient alors plus nocives que l’alcool du vin de palme le plus usé (fermenté)… Je n’ai rien senti de toute cela mais vous verrez bien si mon neurone est encore aligné à mon retour.

Après diner, nous voici invitées par l’équipe à aller boire les 3 thés traditionnels, ce que l’on appelle le thé attaya (c’est bien ça Léo?) autour d’un petit feu de bois, sous le ciel étoilé, accompagnées par la musique des portables. Nous nous sommes couchées ravies.

Le dimanche : jour du départ. Plutôt que de reprendre la route, nous avons choisi de traverser le Siné Saloum en pirogue. Le départ est prévu pour 10h00 et nous arriverons à 16h00 à Ndangane. Cela nous coûte l’autre bras mais le voyage en vaut le détour, l’eau est belle, le vent souffle fort, heureusement car nous sentons moins le soleil, les vagues nous ballotent à souhait, les oiseaux sont partout : aigrettes blanches, noires, pélicans, bergeronnettes, électres à bec rouge, martins pêcheurs et, Ô joie suprême, des dauphins!!!!

On débarque à N’dangane.  Après les heures paisibles à voguer, on bascule dans une foire d’empoigne, où deux rabbateurs et trois tondus s’efforcent de nous trouver un taxi le plus cher possible pour nous amener à Joal Fadiouth. On s’en sort avec le double du prix régulier. Léo s’énerve et invective à souhait le chauffeur: il lui promet qu’elle voyagera gratuitement la prochaine fois qu’elle vient ici… Après un encas bien mérité, on a rien mangé depuis le p’tit déj, Guillaume Veyrac, ami de la famille, vient nous récupérer et nous offre le gite et le couvert avant le retour sur Dakar prévu pour le lendemain matin. Il nous fait visiter M’Bodiene avant de passer une soirée bien agréable dans sa jolie maison en bord de lagune. Mon oreille interne est toute déboussolée:  je tangue toute la soirée. Le retour sur Dakar se fait sans heurts dans un taxi brousse officieux. Ce n’est pas un break, il ne prend que 4 clients, la voiture est presque neuve, et nous dépose devant chez Léo.
Nous sommes lundi après midi et je largue les amarres Mercredi pour la Casamance.

Ziguinchor et île carabane au prochain épisode mais je vais sans doute vous offrir un intermède Burkina, vu le retard que j’ai pris ca vous recalera sur mon quotidien!!!

N’hésitez pas à m’écrire pour me donner de vos nouvelles!

BISES et à bientôt!

Départ de Saint Louis et pour le Sine Saloum

Je quitte donc Saint Louis, direction Dakar, Lundi 7 février vers 11h00. J’attrape un taxi brousse et l’on part quelques minutes après. Il était presque complet. Dans le taxi, une jeune sénégalaise, un jeune mareyeur, un couple d’allemands avec lesquels je ferais connaissance. Au bout d’une vingtaine de km, on se rend compte qu’il y a un pb. Le chauffeur s’arrête et vérifie ces quatre roues plusieurs fois, jusqu’à finalement s’arrêter et les reboulonner. Enfin, rassurez-vous, il ne reboulonne pas les quatre, mais seulement la roue avant gauche. Un boulon qui maintient la roue sur son essieu se défait car l’écrou n’est pas adapté et la roue tenue par seulement deux boulons finit par se « détacher » un peu, en faisant un bruit symptomatique. Le chauffeur tentera diverses solutions, pour finalement se retrouver avec 25 formes et taille d’écrou dans les mains sans jamais trouver celui qui convient. Au fur et à mesure du voyage, il s’arrête de plus en plus fréquemment pour resserrer l’écrou ou essayer un autre modèle. Ce qui finit par ralentir franchement notre progression, nous dépassons Thiès, ville importante sans qu’il règle le problème, et nous les passagers se lassant du petit jeu du resserrage, démarrage, arrêt resserrage  démarrage, arrêt, etc. quittons le navire à une petite dizaine de km de Dakar. Accompagné du couple d’allemand, j’attrape le bus pour finir le trajet. Le bus est bondé et se retrouve bien vite coincé dans les embouteillages de l’entrée sur  Dakar, mais nous avançons quand même et arrivons à la gare routière. Zou, un dernier taxi pour rallier N’gor et me voilà enfin arrivée à 21h00 chez Léo et Phil, après quasiment 8hoo de voyage, au lieu des 4h00 normale… Je suis pas mal fatiguée mais surtout ravie d’être à bon port, car mon moi pessimiste se voyait déjà dormir sur le bord de la route!
Je resterai finalement jusqu’à vendredi à N’gor, retournant à Dakar pour acheter mon billet de bateau pour Ziguinchor en Casamance, le cadeau d’anniversaire de maman à la cour des maures. Cette petite place se situe dans le marché Sandaga et réunit divers vendeurs, bijoux, sous-verres et sculptures. S’il faut discuter avec acharnement les prix (ce que j’ai encore beaucoup de mal à faire), les vendeurs sont sympa, pas trop insistants et font même des cadeaux, histoire d’être certain que tu reviendras et que tu achèteras… La prochaine fois! Ces quelques jours sont des journées calmes, où je me baigne à N’gor, organise le voyage en Casamance, mange des oursins dans un petit resto en bord de mer (ces derniers sont ramassés dès la commande passée), croise mon oncle de retour de ses deux semaines de chasse, organise le voyage dans le Sine Saloum avec Léo.
Le départ pour Keur Bamboung est prévu pour vendredi matin à 7h00.
Réveillées à l’aube, en fait en même temps que l’appel à la prière de 5h30, le taxi nous dépose à la gare routière « pompiers » à 7h01, nous sommes dans le taxi brousse à 7h03 et sur la route pour Toubacouta à 7h07. La route est la même que pour aller à M’Bour. Je me rends compte que le souvenir que j’en avais et que je vous ai décrit n’était pas très réaliste:  il y a quelques villages certes qui parsèment la route mais on voit beaucoup de brousse et de baobabs, de palmiers, de manguiers et d’arbres araignées qui nous entoure.  La route est longue mais reste bitumée et roulable jusqu’à Kaolak. Le paysage évolue, il s’assèche, verdit, se « casifie » , se ruralise, se sauvagise, se salinise (marais salant)… et la route se désagrège.  Des trous énormes éventrent l’asphalte. Les nids de poule de Montréal font pale figure à coté. Les voitures et les camions ne respectent plus les sens habituels de circulations mais jouent à une course d’obstacles, plus variés qu’un jeu de Nintendo. Objectifs : éviter les trous, les vélos, les camions en sens inverse ou entrain de doubler, les ânes, les marcheurs. Les bas coté sont autorisés et tous les sens sont permis. Heureusement, le taxi ne roule pas vite, ces amortisseurs sont fatigués, offrant un petit complément montagne russe aux petits pions que nous sommes dans ce parcours d’obstacle géant.  Mais le paysage est époustouflant, la terre est rouge, comme nous sommes entrées dans le Sine Saloum, la végétation est plus verte, à chaque case, nous entrevoyons des femmes pilant (nous approchons de midi), des volées d’enfants jouant et des hommes se reposant (ca c’est une constante!!!), et nous commençons à avoir sérieusement chaud.
Nous arrivons à Sabacouta à 12h00. Les paris sont ouverts pour savoir si nous serons sur l’ile avant 15h00. Il nous reste encore à prendre le taxi moto, la pirogue, la charrette… Nous mériterons ce petit paradis terrestre.
La suite au prochain épisode. 
Je suis actuellement rendu au Burkina, à Ouaga depuis presqu’une semaine, j’y ai retrouvé Lina, j’y crève de chaud et je squatte la piscine d’un grand hôtel, on est plus vraiment dans le voyage roots là… Mais sinon je me transformerais en Audrey séchée, le temps de m’adapter à cette chaleur et je reprends mes pérégrinations. Je dors en trempant le drap au préalable pour pouvoir m’endormir, avec le ventilateur à plein hélices.