Homard plumé à Trinidad

Bon bon bon, mon séjour s’annonce sous de bonnes augures tout de même. Je me lève à l’aube… Un comble en vacances. J’ai cédé aux charmes de la climatisation et me réveille frigorifiée.
Après un gargantuesque petit déjeuner, je vais à la banque. Mes cartes sont refuséesau GAB. J’ai l’habitude. Je m’agglutine dans l’amas dense de plus pressés que moi. Bien loin les files québécoises ordonnées, à intervalle respectueux. Des passeux de droits poussent le bouchon, compriment l’attente, font vociférer l’amas. La banque a gardé ces hauts comptoirs de bois. Ambiance de petite ruche. Les tickets d’entrée trient les opérations et votre ordre d’arrivée. Je fais un énorme retrait pour éviter les frais. Le caissier lève un sourcil et le directeur vient contresigner. Jamais eu autant de billets, ni de valeurs en main: mon budget nuitées. Inspiration profonde contre l’angoisse du richissime. Étape casa: délestage de ma fortune, avant de filer vers la playa Ancon. Petits stands de rues sidérants : un réparateur de briquet de plastique et un rabouteur de lacets…
J’embarque dans le bus à touristes pour la plage. Le paysage est superbe, face à la montagne, la mer se dévoile : toujours turquoise. La plage est bordée…d’immeubles hôtels tout inclus, des parasols s’y louent. Le sable y est coquilleux, le rocher absent, le poisson rare. Des myriades de petits poissons blancs. Des petits jaunes à rayures, des bleus électriques, des noirs à nez pointus. Ils tètent les algues d’un moteur de voiture qui sert d’ancre pour les obi4 à touristes. Je m’approche d’un jeune baracouda. Il a pas l’air fin, avec sa gueule prognathe. D’ un coup de queue, il me sème. Quelques poissons pro de la dissimulation. En forme d’ancre, tons bruns, granuleux, ils ressemblent à des rochers. Ils finissent par s’éloigner quand je brasse trop de sable devant leur nez. une fois de retour à la surface, je suis incapable de rester sur un transat: je gambade et me fait alpaguer par un vieux pêcheur: décidément j’ai la côte auprès des 60 et plus!!!
Au retour, je m’arrête à la Boca, petit village caillouteux à plages rocheuses. J’y croise davantage de nageoires et de couleurs. En attendant la prochaine navette, une averse tropicale me trempe jusqu’à l’os. Je deviens un buffet pour les moustiques environnants.  Je suis cramoisie de coups de soleil… Le dos est intact, protégé par un t-shirt pendant mes plongées, mais les jambes et les bras sont de vrais pinces de homard! Et dire que demain, je randonne à cheval… Les cubains se marrent et m’offrent un abri.
Les chevaux sont dociles, se mènent à l’américaine. La vallée n’est pas ombragée, mon appareil photo est grippé de sable, le tissu et les coutures du pantalon se sont imprimés sur l’arrière de mes cuisses. Mon seul répit est le galop: autant dire que je ne me suis pas fait prier! La vallée de los ingenios a été largement exploitée par les européens et les américains. Ils y ont établi de grandes exploitations de cannes à sucre. S’il n’en reste plus grand chose aujourd’hui, le découpage des parcelles est encore visible, la plupart des champs ont été transformée en pâturage à vaches à pli ou à chevaux. La ballade est connue, le moindre arrêt est payant et organisé: repas, cascade, café. Goût amer d’homard écorché, plumé comme un poulet. Restons positive, je le fus dans cadre enchanteur.

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