Retour à Trinidad : envol triste

Après cette nuit fraîche et chaotique, me revoici à Trinidad. J’ai beaucoup de plaisir à revenir dans un endroit que je connais ! Cette familiarité est aussi fort utile… car elle me rend imperméable aux attrapes touristes et petites arnaques de sortie de bus. J’hésite, retour à la même casa ou pas? Envie de retrouver la même chambre à part. J’y vais, donc. Raté, la chambre est prise, je me retrouve dans une honnête chambre au 3e étage, donnant sur le patio. Je me pose et prépare mon sac pour la plage. Je pars avec mon masque et mon tuba, je reprends le bus et redescends à playa Ancon. Mon objectif : profiter du petit catamaran pour aller plonger pour 10 cuc. On se rapproche certes de quelques roches et coraux, mais je suis déçue de leur taille et j’y resterai bien plus longtemps que les 20 min accordées. Je m’énerve davantage encore, je viens de casser l’attache de mon masque. Grincheuse, je m’endors au soleil et rate le bus. Je continue donc de me prélasser mais je cesse mes escapades sous marine faute de visibilité sous-marine.

Dans le bus suivant, je fais la connaissance d’un prof de salsa, qui me propose un cours. Allons-y, ce sera le dernier. Retour à la civilisation (douche et Internet), je vais à la rencontre de « mon » groupe de musique, celui avec lequel j’avais sympathisé. Ils me reconnaissent et sont bien contents de me revoir. Ramiro m’accompagne souper dans un ‘tit resto en monnaie locale.

Je m’en vais à mon cours de danse. Ramiro est très soupçonneux et n’a pas confiance dans ce prof de pacotille qu’il ne connait pas et qui vient de débarquer fraîchement ici. Je râle et lui explique que je suis grande, autonome et vaccinée et qu’il n’est pas mon père.

Le prof est sympa mais se la joue un peu trop. Mon cours particulier s’est transformé en petit cours de groupe avec un couple. Ça ne me gêne pas, au contraire. Me voici hissée au rang d’assistante… et ça se passe bien. Je suis assez fière. Le prof tente de m’impressionner en me surprenant de quelques passes non conventionnelles. Manque de pot, je les connais grâce au Forro!
Sortie de mon cours, Ramiro vient me retrouver. On part se promener sur le parque Cespedes.  Sur un banc, on parle longtemps. Je suis fatiguée et n’ai qu’une seule envie me blottir dans ses bras et m’y endormir, sa peau est toute douce, et oui je craque, Il est super gentil, son âge me rendent ses paroles sérieuses et réalistes. Il me décrit une vie à deux, me promets de me faire des enfants. Je n’ai rien demandé. Un homme qui veut m’en faire, qui me le propose, pour qui s’est naturel. Je fonds, j’en pleure. Comment faire pour ce soir, il faut que je demande à la propriétaire. Je ne me sens pas super à l’aise. Mais bon, on ne va pas dormir dans le parc. Elle accepte mais donne un avertissement très clair. Si quoi que ce soit se passe mal ou disparaît, elle appelle la police… Elle le connait, c’est un enfant de la ville, elle sait qui il est et peut le retrouver aisément. Ambiance. Mais la nuit est belle et toute douce. Et j’y ai cru. Ramiro quitte au petit matin tel que demandé par la maîtresse des lieux, avant le réveil des autres clients.
Jeudi 11 juin
Au petit déjeuner, la serveuse me regarde d’un drôle d’air. Je deviens vraiment suspicieuse. Tout le personnel est au courant. J’imagine que pour elle, c’est injuste. Les hommes cherchant tous à sortir aux dépends des femmes ou des épouses. Comme en Afrique, les occidentales seules en vacances sont des dangers, libres comme l’air, de véritables aimants pour ceux à la recherche d’un avenir meilleur. Je prépare mon sac et sors faire les dernières courses, les derniers cadeaux. À mon retour, mon sac a été ouvert.
J’arrive trop tôt à la gare. J’attends Ramiro, il m’emmène à la casa de ses parents jusqu’à l’heure de mon départ. Je leur donne les médicaments qu’il me reste. De retour à la gare, au milieu de la foule, on se dit au revoir.
Six heures plus tard, me voici à Varadero. Territoire connu aussi, moins plaisant, ça sent le départ. Je marche jusqu’à la casa réservée, y dépose mon balluchon. Je repars manger de succulentes crevettes à l’ail à la casa de miel. Je retourne à ma casa où je m’écroule comme une masse.
Vendredi 12 juin
Réveil difficile, j’avale le petit déjeuner, je suis en retard pour le bus, je marche un peu puis me décide à prendre un taxi. C’en est pas un vrai, il tombe en panne à 2 pas de la station. Je saute dans un autre avec rabatteur, il m’amène à l’aéroport. Je m’achète du rhum. Et clôs le voyage.
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