Chicago – la belle aux buildings rutillants

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Dans la famille « je suis en retard et je m’assume », je poursuis le récit de mes voyages en décalé. Une bonne façon de prolonger mes vacances sans en perdre une goutte quand j’y suis. Écrire me demande du temps et du recul. Besoin que mes émotions et mon voyage sédimentent. Bonne façon de vous épargner les troupeaux de points d’exclamation ou de suspension.

Contrairement à mon habitude, je ne vous ferais pas de récit par le menu, ni chronologique de mon séjour, mais j’opte pour une synthèse thématique.

Chicago, ça fait longtemps que je veux y traîner mes guêtres. Déjà sur la bucket liste de ma vie précédente. Le blues, l’architecture, le lac, l’histoire de la communauté noire. Voyage facile, voisin, normalement réservé pour la vie avec enfants. Puis finalement, je brouille les cartes, voyage du printemps dernier car conjecture astrale favorable : peu de vacances (vu le temps consacré aux vignes), copine wheeling, rencontre d’un français expatrié lors d’une soirée de débauche qui y vit et veut bien jouer l’hôte.

Résultat: Chicago est la 1e ville américaine dans laquelle je me verrais vivre. Elle n’a pas la densité oppressante de New York, ni l’aspect Wasp de Boston. Elle a la nonchalance verte et cultivée montréalaise, un ‘tit coté hipster/bobo avec un soupçon de granol indéniable (à moins que ce soit moi qui trimbale mes lunettes). La promenade le long du lac, les plages, les eaux limpides me donne l’impression d’être au bord de la mer. Une presqu’ambiance Rochelaise, en plus sexy. La silhouette unique de sa skyline. Notion sans traduction courte en français.

Nous sommes parties quelques jours après mon retour des vignes (pour tromper le blues du retour). En duo. Un peu inquiète. Les voyages sont mes bulles annuelles de découvertes, de rencontres, de solitude, d’exploration égoïste. Certes, je rencontre en route. Mais nous sommes alors déjà sur la même trajectoire. 7 ans que je voyage seule, je crains de ne plus pouvoir partager ces parenthèses. Je tente avec Carole. Elle semble avoir le voyage voisin: l’intérêt similaire, le rythme proche. Nous aimons autant l’une que l’autre déambuler dans les rues, marcher à la journée longue, mitrailler dans tous les sens. C’est même devenue une façon de nous retrouver. Jouant la boussole, je suis en proue. Dès que je la sème, retour sur mes pas. Carole est là, photographiant l’endroit où elle m’a perdue de vue, attendant ma marche arrière. Me débattant avec mon nouvel appareil, je lui abandonne, la plupart du temps, la facette photographique. Nous avons tricotées l’organisation, nous nous sommes félicitées des bons plans, épaulées dans les envies, relayées dans les élans. Vraiment une belle escapade.

Nous avons été hébergées par Edouard. Jeune et charmant français, bon vivant, travaillant dans le domaine médical, si j’ai bien suivi, pour l’appareillage. Son appartement situé dans un quartier sympathique de Chicago, suffisamment excentré pour être tranquille mais à peine à quelques encablures du centre, bien ravitaillé par les bus et les métros. Edouard a eu la générosité de nous partager son superbe appartement avec terrasse sur le toit. Quel plaisir de souper au clair d’étoiles! Venteux certes, mais bien agréable après une longue journée de marche. Nous avons partagés nos expériences d’expat’, quelques bières, cocktails, assiettes et fous rires. Nous avons  aussi bénéficié de ses bons tuyaux. On espère le recroiser à Montréal et, à notre tour, lui faire découvrir quelques-unes de nos meilleures adresses.

Notre séjour s’est essentiellement consacré à la découverte de la ville et de ses buildings, le nez en l’air à guetter les imposts des plus vieux, les allures des récents, les prouesses des nouveaux, louvoyant entre les sculptures magistrales, relaxant dans les parcs. Alliant marche à pieds, métro aérien, promenade en bateau, divvy (équivalent du bixi montréalais ou du vélib’ parisien). Puis nous avons profité du lac, des manèges, des couchers de soleil.

Prendre le divvy fut un vrai plaisir. Nous découvrions le nez au vent, plus rapidement qu’à pieds, libre des horaires de bus. La balade le long du lac: un régal! Sensation de ce que pourrait être la Californie. Choisir la plage la moins fréquentée, le rocher le plus confortable pour jouer les lézards et contempler ces eaux bleues. Carole étant aussi nostalgique que moi du bord de mer, nous sommes restés accrochées là deux après-midi, hypnotisées par le ressac, ressourcées d’horizon bleu, réchauffées de soleil.

Je suis assez fière de m’être orientée aussi facilement dans la ville. Une organisation orthogonale, vous me direz, ça aide. Chevauchant nos divvy, je nous ai ramené à bon port. Notamment, grisées de blues, au petit matin, sous le chant des oiseaux, frissonnantes de fatigue et de la fraîcheur de l’aube. Nous avons passé la nuit dans un des mythiques bars de blues de la ville. Soirée où le groove, la guitare et les voix rocailleuses furent d’une chaleur rare, la salle était pleine, bon enfant, chantait et ondulait en rythme, les habitués se reconnaissant de loin. Les musiciens vinrent faire un brin de causette. Il semble que notre coté frenchie soit aisément repérable. Carole fit des émules! As usual! 😉

Le programme de départ prévoyait pas mal de visites de musées et notamment celui à proximité du ghetto, retraçant l’histoire de la communauté noire. Nous n’y avons finalement pas mis un pied. Profitant de la chaleur, du beau temps. Éléments dont Montréal nous privait, cette année-là, avec un été qui peinait à s’installer.

En revanche, j’ai pris une claque. Je ne m’attendais pas à voir autant de monde faire la manche. De tout ordre, de tout âge, de toute condition, quelque soit le sexe. Une personne atteinte d’un cancer. Des personnes bien habillées, se présentant bien. Impression et hypothèses que ces personnes travaillent, mais ne gagnent pas suffisamment pour payer leur loyer, les médicaments, les traitements. Pour être allée visiter des pays pas mal moins bien nantis (cf. billets précédents: Sénégal, Burkina, Inde, Cuba), je ne m’attendais pas à voir, ici, autant de personnes sur le carreau. Et je ne suis pas allée dans le ghetto, peut être cela m’aurait-il frappé davantage encore.

Principal regret: j’aurais aimé faire de la danse contact improvisation à proximité du cloud. Une prise de contact préalable avec les associations locales eut été nécessaire. Le voyage fut trop court, mais l’envie est toujours là et j’y retournerais sans doute.

Somme toute une très belle découverte et une grosse envie d’y retourner!

 

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