Munnar et fin du blog

Alors Munnar

Que vous raconter … C’est une toute petite ville de colline (pour moi il s’agit de petites montagnes), cernée de plantations de thé et précédée de plantations d’épices. Le thé supporte très bien les fraîcheurs d’altitude et les litres d’eau de la mousson tandis que les épices préfèrent davantage de soleil et de chaleur, excepté la cardamome dans les mêmes hauteurs que le thé. Les trois jours que j’ai passé là m’ont donné juste le gout de revenir en période sèche. Il a plu sans discontinuer (enfin si, au total, une moyenne de 2h par jour de non pluie, bien entendu pas à suivre…). Entre deux nuages, les paysages sont époustouflants, les épices pas chères et le gestionnaire de l’hôtel patient, généreux et zen devant une occidentale surexcitée de ne plus supporter d’être enfermée et trempée. Je me suis retrouvée seule dans l’hotel le 2e jour et jusqu’à la fin de mon séjour. Les 3/4 des activités sont fermées lors de cette période, pas un indien ne vient pendant la mousson mais la destination est prisée à la saison sèche. Les hôtels, cottage et autres maisons à louer s’éparpillent autour de Munnar. L’hygrométrie est telle que les vêtements même à l’abri dans la chambre sont humides tout comme les draps lorsque l’on se glisse dans le lit. Le peau est toute repulpée, hydratée, pas besoin de crème. Je suis certaine que l’on prend du poids par osmose! Le patron de l’hôtel m’a emmené me promener dans les environs et découvrir la portion de terrain de la retraite qui était auparavant une plantation (cf photos). C’était une belle ballade de deux heures où il m’a raconté sa vie et celle de la région et nous nous sommes fait téter les orteils par des sangsues. Il m’a expliqué les règles du cricket, m’a fait goûter ses meilleurs plats de la carte, m’a réservé le bus pour m’enfuir du nuage. Bref un amour! J’ai qd même eu peur des glissements de terrain, ils se passaient dans le Nord à ce moment là, la rivière a débordée, la route a été coupée, les rickshaws ont nagés, les arbres sont tombés mais les ceps des thés ont tenu le bout de terrain. Rien n’entame le flegme indien qui tient marché, récolte, ou poursuit ces activités même ralenties. C’est que l’on s’y habitue!  parait-il. Le dernier jour je me suis promené aux alentours pour voir le paysage j’ai croisé un parc à éléphant, arbre à miel sauvage, un lac artificiel (barrage) et encore des plantations de thés. Ce coins est vraiment superbe. C’est sur que j’y retounerai en période sèche.

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Album Photo

Bonsoir tousVoici l’album! https://picasaweb.google.com/113324407507394658319/IndeDuSudSelonLeBlog?authkey=Gv1sRgCKv71-O7yNWX-AE

Si cela ne fonctionne pas, faites moi signe! Vu que je suis administratrice de tout, je n’arrive pas à faire les tests!

Ne reste plus que Munnar! Inch Allah, la semaine prochaine… ;o)

Patience

Bonjour TousNe désespérez pas : je bosse ! J’ai commencé l’album! Vous l’aurez sans doute avant le compte rendu de Munnar.
Ben vous savez quoi ça fait du bien de s’y replonger… Ça me donne vraiment le gout d’y retourner! J’en profite encore maintenant, c’est comme si je n’en avais pas assez profité pendant que j’y étais… toute occupée à prendre mes repères… c’est fou!
Bises

Observations

Petites pensées sur l’Inde

Le klaxon est, en Inde, un sport national: bus, camion, rickshaw, scooter et vélos. Tout le monde émet son son, à la campagne comme en plein centre ville. Il est utilisé pour doubler, démarrer, redémarrer après un stop, écarter chiens, vaches, piétons et deux roues du chemin, prévenir d’un arrêt; se signaler dans une épingle à cheveux, saluer d’autres conducteurs. En centre ville, où aucune voie ou trajectoire rectiligne n’est suivie, sur les petites routes sinueuses des montagnes et les pentes abruptes, le klaxon sert à signaler sa présence : « attention, je suis à coté ou derrière toi … j ‘arrive … « . Finalement, les indiens conduisent tout aussi bien à la vue qu’à l’ouïe.

La nourriture est excellente que ce soit de rue ou de restaurant. Il semble qu’il y ait une réelle différence entre la bouffe du Nord et du Sud. Donc ici, il ne s’agit que du sud. Je me suis régalée tout au long du voyage. Que ce soit les petites fritures de coin de rues ou des restaurants, de la cantine au resto plus chic. Les plats sont épicés dans le sens parfumés. Bien entendu, je demandais toujours que les plats ne soient pas pimentés. les aromes sont tout simplement incroyables, decuples. En observant la façon de cuisiner de Subha, les recettes commencent invariablement par faire chauffer les épices dans un peu d’huile ou de gee (beurre clarifie) et quelques oignons et ail, ensuite sont ajoutés les légumes et le liant pour faire la sauce, le plat ou le chutney. La noix de coco est très présente, que ce soit en lait ou en chair broyee. Là-dessus, vous ajoutez un élément neutre comme le pain (il y en a de toutes sortes, il faudrait un post au complet pour préciser – papadum, chapati, nan…) le riz ou le dosa (crêpe faite à partir d’une farine de lentille et de riz), puri… et j’en oublie. En fait, le repas typique est un élément neutre, plus un ou deux chutneys. Les fritures sont aussi très bonnes : baji (beignet de légumes), samousa pour les plus connus, beignets sucrés ou épicés. Que dire des lassi (lait fermenté nature ou parfumé; sucré ou salé), des chaas (petit lait parfumé à la menthe la coriandre et l’anis) et du badham milk (lait d’amande parfumé au safran et à la cardamome), du the et du café chai. Ils sont excellents!Le riz soufflé est souvent mangé en encas auquel est souvent ajouté des petites fritures pimentés, finalement nous mangerions cela en apéro. J’étais en pleine saison des mangues, un délice.
Les bath, alors ca aussi c’est excellent. Ce sont des sortes de pudding à base de riz ou de semoule, sucré ou salé. Le kesmati bath était mon préférée pour le petit dej. Cette semoule sucrée est agrémentée de raisins secs et de noix de cajou parfumée au safran et à d’autres épices non encore identifiées … Sans doute cannelle, cardamome… Le chow chow bath : sorte de riz au lait en deux exemplaires dans la meme assiette l’un salé et l’autre est sucré. Ces bath ont ete de vrais repits pour mes papilles. Effectivement excepte mon episode intestin en vrac a Madurai, j’ai eu besoin de les reposer a plusieurs reprises, surtout le matin, au petit dej’… J’ai aussi essaye au hasard des plats bizarres sur les cartes, allant de surprises douteuses avec un poulet baignant dans une sauce verte bouteille, au demeurant excellent, a des essais moins concluants.
Puis les desserts!!! J ai retroussé le nez lorsque Catherine et Julie m’en vantaient les saveurs !!! et bien je suis absolument fondue de leur pâtisserie. Rasamalai : sorte de baba trempant non dans le rhum mais dans le badham milk, les slabia, halva, gateaux au fromage locaux. Et le papadum. un beau souvenir que le papadum.
Mes meilleurs experiences : le kesmathi bath, le riz jeerda, le nan a l’ail et au beurre, le rav dosa a l’oignon.
J’ai découvert toutes sortes de légumes que je n’aurais jamais imaginé, je vous mettrais des photos plus tard si quelqu’un peut me donner leur nom en français je serais bien contente! notamment une espece de courgette a bosses, une sorte de concombre a rainure et enfin une betterave tres sombre et dure. Je ne me suis pas laissee tenter par le bettel sortant tout juste de la nicotinique aigue (je n’ai pas encore passe le un an fatidique).
La plupart des indiens que j’ai croisé n’étaient pas végétariens. 

Ce qui m’ a epoustoufle ce sont les couleurs et le souci de la decoration: les maisons acidulees tant a la campagne qu’en ville, les saris epoustouflants de beaute, de couleurs eclatantes, aux bordures dores et motifs varies, portes aussi bien a l’interieur qu’a l exterieur, dans les champs aussi bien que pour les ceremonies, les interieurs de richshaws qui peuvent se transformer aussi bien en temple miniature qu’en reproduction de saturday night fever avec girophare integres, ou encore en annexe de fleuriste en tissu, des 33 tonnes dont meme le reservoir est agremente de fleurs et de volutes, les petits camions aux parois et baches barioles, les charrettes peintes de scenes quotidiennes ou religieuses, les velos aux gardebouts sculptes, sans oublier les statues des temples habillees, ornees de riches et lourdes guirlandes de fleurs parfumees, les coiffures des femmes ponctuees de fleurs, aux mains dessinees au henne. Tout est couleur et tous les supports pretextes a decoration. Lorsque j’en ai parle au proprietaire de l’hotel de Munnar, celui m a repondu : c est une belle facon d’illuminer le quotidien, non? Cet art de vivre est rehausse du contraste naturel des paysages merveilleux de verdure et de terre ocre ou rouge, et celui nettement moins sexy des dechetteries ou des egouts a ciel ouvert, de la pollution et la poussiere des villes, des hommes pissant partout : vous avez l’Inde.

Il ne me reste qu a vous dire quelques mots sur Munnar et se terminera la mon epopee blogeuse indienne. Je vais vous l ecrire plus rapidement que celui ci, promis!

rattrapage

Ce qui est bien avec un blog, c’est que cela occupe dans les aéroports lorsque l’on a 4h00 d’attente!

Alors, j’en étais où? Apres les visites des fabriques, le lendemain, la visite de Srirangaptana. C’est une petite ville (un village? environ 30 000 habitants), à cote de Mysore, bâtie sur une île un peu à l’image de Montréal. C’est à dire que cette île de 7 km de long divise la rivière Cauvery en deux bras. Se trouvent les vestiges d’un fort, d’ une prison, le palace d’été du Tipu sultan, un grand temple, une superbe mosquée et la tombe du dit Sultan et enfin un joli point de vue sur la riviere et une reserve ornithologique a quelques km en amont. La ville fut le lieu d une âpre bataille (1799) entre Indiens et Francais contre les Anglais. Ce qui évita (dixit les indiens) que les britanniques aient une influence aussi importante en Inde du Sud qu en Inde du Nord. C ‘est peut être pour cette raison que Madurai et Thanjavore sont restees des villes indiennes sans vraiment de traces coloniales (hypothese perso).

Je m y suis rendue par le bus de ville de Mysore, c’est juste à une 20n de km; nous sommes Samedi et il n y a pas grand monde dans le bus. Le voyage pour s’ y rendre fut fort agréable et bucolique (champs de riz, de piments, de cannes a sucre; troupeaux de chevres et de moutons, charrettes décorées et débordant de fouin, tirées par des boeufs à bosse et aux longues cornes, paysan retournant son terrain à l’aide d’un soc et de son boeuf, femmes en saris ramassant le bois, menant le troupeau, fauchant les abords).
Cette petite excursion m ‘a permis de voir la campagne d’un peu plus près. D’ailleurs, je regrette bien fort de n’avoir pris le temps d’y aller gambader, ce sera pour la prochaine fois. Krishen (raccourci rapide, collegue de travail) me confirmait l interet de l experience et me conseillait de le faire « armée » d’un vélo. Pardon, je digresse!
Une fois sur place, je suis tombée sur le marché, une belle effervescence agitait les abords de la gare routiere, je ne peux résister! C est un petit marché, les vendeurs sont assis par terre devant leur production, étalée sur des baches. On y trouve de tout, bien entendu, des tupperwares aux paniers en passant par les fruits et les légumes. Un moine ou brahmane passe entre les allées, frappant regulierement son gong, il demande ainsi l’obole aux vendeurs et aux visiteurs.
La mosquée construite pendant le regne de Tipu Sultan date de 1800 et des brouettes, elle sert aussi d ecole coranique. Son reservoir d’eau vert fluo offre encore un superbe contraste avec les murs jaunes du batiment. Avec ces trois pigeonniers et ses décorations, c’est un bel exemple de syncretisme entre l art islamique et hindoue.
Ensuite direction la prison: beau monument massif dans un coin de rempart, les murs blanchis à la chaux sont dotés de pierres trouées afin d’attacher les prisonniers. Elle se visite en 5 minute top chrono, avec ou sans guide. Deux jeunes garcons (au fort potentiel de futurs arnaqueurs touristiques) m amenent aux bords de la riviere, leur swimming pool. Il s’y trouve un petit temple, ils sont en pleine cérémonie, aussi, plusieurs habitants venus laver leur linge.
Le temple de Vishnu doit être beau mais il est ferme jusqu a 16h, à moi donc le palace d’ete du Sultan, un peu a l exterieur de la ville. Ce dernier monument est aboslument superbe! Tout en bois peint, ce cube se compose de couloirs exterieurs, de salles de reception et de balcons. Il servait à la reception des invités; là encore les photos sont interdites; il n y a pas un centimetre carré qui n est pas décoré de feuillage, de fleurs, d arabesques, de rosaces de scenes de  bataille, de la vie quotidienne du palais, les arches entre chaque piece sont multilobés, les pendentifs des balcons en forme de pommes de pins, les portes en bois sont aussi peintes. Certaines pieces ont des plafonds à caissons en bois ouvragé, lorsqu ils ne sont pas peints. les sols sont en ceramiques peintes aussi; le jardin est reposant, des sapins bien tailles entourent des bassins d eau vides, les parterres symetriques de pelouse sont agrementes de bancs ombragés par de vieux et grands arbres, et plein d’oiseaux! Les perruches volent ici en toute liberté.

Est ce que je vous ai dit que tous les monuments (palaces, temples, eglises, mosquées, même les magasins) se visitent pieds nus??? Je ne crois pas! Et bien c’est un vrai bonheur que de se promener l orteil aux aguets des textures: la douceur des planchers de bois, la porosite patinée des ceramiques, la fraicheur lisse des marbres, la rugosite des granits! J adore ce pays !

La ville avec tous ses monuments est tres touristique, attirant autant les etrangers que les indiens: résultats des courses, je me suis fait achalée par les chauffeurs de rickshaws et de petites carioles pour me vendre leur tour d ile alors que la plupart des batiments est assez proche, la marche n ‘est pas très longue, je suis à la campagne et j’aime ca! Je veux marcher!!! Je finis par me laisser convaincre pour me rendre au temple situé a la confluence de la Cauvery, au bout de l île.

Même si les vendeurs de souvenirs entourent le site, l’endroit est paisible. Plusieurs petits temples ou plutôt autels entourent l’escalier plongeant dans la riviere. Un groupe d’hommes s’y baignent, leurs ablutions semblent davantage d’ordre religieux, qu’hygiénique ou de détente. Vous pouvez vous offrir un petit tour sur la riviere, au milieu des cigognes, des herons, des martins pecheurs, des buses et des detritus, dans une sorte de canot qui ressemble davantage a l idee que je me fais du couffin de Moise, soit un grand panier rond bitumé.  Je reste un moment là, tranquille… puis repars vers la gare routiere. Je monte dans le 1er bus pour Mysore qd je realise qu’il n est que 16h00 et que je voulais aller voir la réserve, zut zut zut! Tant pis ce sera pour la prochaine fois, je dois aller faire les dernieres courses avant le depart demain a l ‘aube pour Bangalore.

Rattrapage toujours

Donc avant hier je suis allee visiter la sandal oil and silk factories.
Je suis, bien entendu, arrivee a l heure du lunch pour les deux mais si la soierie n etait pas visitable, une bon ame a bien voulu me montrer les machines et les etapes pour l extraction de l huile. En fait le processus est assez similaire a toute sorte forme d extraction et de distillerie. Les batiments sont vieux, les alambics patines, les cuves poussiereuses, ce qui donnait une allure un peu surannee a ma visite surtout que tout le monde etant parti, les batiments etaient quasiment vides. Je vous fais une histoire courte ; le santal est un bois assez commun en inde et qui sert a toute sorte de chose : huile, savon, encens, sculpture, bois pour les cremations, bois pour les feux pour les temples (offrandes etc.). Il pousse toutefois lentement et ai assez sensibles aux bestioles. L arbre ne peut etre recolte avant qu il est 15 ans, il sera alors verifie, teste, et choisi ou non. Biensur selon les besoin on va attendre plus ou moins longtemps cf sculpture on va attendre qu il soit plus vieux. Les parties les plus nobles et grosses seront reservees a cet usage. L arbre est debite selon les besoins. Ensuite le bois est mis en miettes et passé dans la distillerie, l huile recuperee par condensation sera filtree, et ce qui reste du bois est seche et servira pour l’encens. La visite fut agreable, malgre le discours un peu automatique de mon guide, mais gentil tout plein. Le magasin etait ferme pour lunch, j ai donc achete leur produit a une sorte de cooperative d etat de l artisanat en centre ville. Mon guide  a rejoint ces collegues pour manger, je suis retourne vers la soierie.
Et la j ai passé plus de deux heures a regarder : aucune visite guidee, juste une promenade libre au milieu des ouvriers, des machines, des contremaitres, des fils, des bains, des sechoirs,  a essayer de comprendre comment ca fonctionne dans le bruit, les odeurs et sous leurs regards amuses.
Il y a d abord le bain et la legere teinture des fils de soie brut (aucune explication a cette teinture…), le sechage et la tension des echevaux, ensuite le filage. Tout ceci se fait sur d immenses etendues, le nombre d echevaux et de machines filant et refilant (amincissement progressif du fil). A la fin, le fil est si tenu qu on ne le voit plus s enrouler sur les bobines de bois. Apres, il est refile en plusieurs brins sur des bobines coniques en plastique. Celles-ci sont  enfilees sur une sorte de peignes de 2 m de haut et les fils tendus sur 3 ou 4 metres de long vers une machine qui les relient pour construire la trame sur lequel sera tisse le sari (finalement un rouleau de fils). Mais la encore dans le bruit, nos anglais approximatifs, l absence de photos et de quoi noter, c est difficile d expliquer et de decrire. Qd le fil d une des centaines de bobines se casse, une petite lumiere s allume au bout du peigne et le tisserant va renouer le fil brise au depart de la bobine ou de l echeveau, dans un faisceau de minuscule fils. Et c est ca qui est impressionnant, comment sont-ils capables de renouer un fil incroyablement fin et d identifier sans aucune difficulte dans l echevau…
Ensuite, ce sont les métiers a tisser, peut etre pres d une centaine, tous ne fonctionnent pas, ce sont de belles machines japonaises graisseuses hahannant et tissant, les soies sont blanches, les motifs se dessinent au fil d or. Chaque machine a son propre dessin. Ce dernier ressemble a du papier a musique enroule en haut de la machine, a une exception pres, ce n est pas du papier mais du metal. Cette partition est jouee a chaque aller et retour des navettes. Je suis passee entre toutes les machines afin de voir tous les motifs en cours, du plus simple au plus complique. le tissus est extremement tendu. La technique me depassait, je les voyais interrompre la machine pour renouer des fils et des trames que je ne voyais pas brises, ou couper des fils que je ne voyais pas depasses. Une fois le sari tisse (6 m en moyenne), une petite longeur vierge sans motif sans tissage est produite et hop on recommence.
Le tissu est alors beigeasse.  La visite se poursuit dans la salle des colorations et ca sent le coiffeur…  Les sari sont suspendus a de grosses tiges de bambous, elles memes supportees par un palant. Les saris sont alors plonges dans de grandes cuves moussant et sentant bon la soude,  ils en ressortent blancs (comme neige) et dores, ils sont douches pour rincage et ensuite plonges dans un bain de couleur. Lorsqu’il est bicolore, ce qui etait le cas alors, le sari est plié d une certaine facon, enserre dans un etau en bois et de baches en plastique et plonge a la main dans des bains de couleurs, rince puis seche et recolore (surtout pour les bouts) ensuite seche, verifie, repasse, plie et envoye dans les magasins. Le sari simple 100% soie coute environ 4-5000 rp (80-100$; 50 a 76 euros), plus vous mettez de fil d or plus il est cher. Les plus beaux que j ai vu coutaient  28000 rp (560$ ou 370 euros) mais the sky is the limit…
Les images, les odeurs, le bruit, toutes ces bobines, ces metres de tissus, ces longueurs de fil, l intensite des couleurs, le rythme saccade de ces machines, c etait impressionnant… mais la encore photos interdites. les ouvriers gentils et expliquant tout ce qu ils peuvent et moi imaginant le reste… un superbe moment.
J espere ne pas vous avoir ennuye avec tout ca! parce que des descriptions de fils, sans photos, ni rien, c est un peu rude… et puis les exlications parcellaires… enfin s’il y a des correctifs a faire, je les prends volontiers!
Le reste dans les prochains jours, mardi ou mercredi peut etre, je decolle demain dans la nuit et la journee est assez occupee, cela m etonnerait que j ai le temps de vous parler avant. D ici la, profitez et prenez soin de vous! Bises!

 

Retour au point de départ

Me voila de retour a Bangalore, chez Kara, et je n ai jamais ete aussi proche de la fin de ce voyage… Notez que j ai failli rate mon vol, je me trompais de jour jusqu a ce matin! Bangalore ne me manquait pas tant que ca! J avais quasiment envie de retourner sur Mysore ce matin en arrivant, plus tranquille et j avais encore des choses a voir et puis un tit hotel et un tit restau geniaux; le 1er bien simple, efficace, pas cher et super propre, de l eau chaude le matin, en plein centre, une equipe adorable et une mine d’or de renseignements et de gentillesse, ils me chouchoutaient, et le 2nd sur le toit en plein centre ville, avec des nan et des riz a tomber raide, sans parler de ma petite patisserie/cafe pour le matin. Bref, j y avais pris mes aises et mes quartiers.
J ai plein de choses a vous raconter mais je ferais cela sans doute ce soir (visites des fabriques de sari en soie et d’huile de bois de santal, balade a Srirangapatna, derniers achats de sari et autres broutilles). Aussi des petites considerations generales sur ce petit bout de pays (klaxon, bouffe, couleurs, le bonheur du pied nu et de l’orteil libre, Munnar…) et ce que j aimerais faire la prochaine fois (m eloigner des tissus et plonger dans la jungle).Je suis chargee comme une bourrique: je vais devoir m acheter un autre sac et m organiser autrement pour les prochains voyages. L’exemple de Julie me semble riche d’enseigenement : un tout petit sac a dos avec le minimum vital, ca facilite les deplacements et tu achetes un plus gros en tissu pour le suprlus au fur et a mesure, ce qui devrait me forcer a me limiter. J ai encore bcp de chemin a faire pour adherer a la simplicite volontaire! Je me rassure en me disant que je vais en laisser au moins la moitie a la seconde etape du voyage. En fait c est ca!!! c est a cause de vous, ma famille… si je n avais pas a aller en France je serais nettement moins chargee!!! ;o)
Bon sur ces bonnes nouvelles, je vous laisse j ai encore quelques compulsions qui m agitent!